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| | La poupée de porcelaine.[En cours] | |
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| Auteur | Message |
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Yusuki
 | Sujet: La poupée de porcelaine.[En cours] 24.03.11 20:29 | |
| Titre : La poupée de porcelaine Ge nre : Yaoi Disclaimer : Tout mes personnages m'appartiennent, si vous voulez les reprendre ou faire un cross over, ce serait avec joie, mais dites moi quand même que je puisse voir le résultat ~: Rating général : +16 Petites notes du crétin de l'auteur.| Spoiler: | | | - Voilà, vous l'aurez voulu, si vos yeux fondent à cause de ce qui vous allez lire, ce sera de votre faute è-é. Petite (enfin, petite) histoire que j'ai créé il y a quelques temps déjà comme annexe d'une histoire encore plus grande qui compte déjà 250 pages. Celle là sera en plusieures parties, j'espère que ce sera pas trop long et que vous ne vous lasserez pas trop rapidement. Il est fort probable que j'ai fait des fautes d'orthographes et/ou de contexte, si c'est le cas, je m'en excuse et le modifierais directement. Je parlerais alors de "Chapitres" même si, en soi, ce n'est pas assez long pour être des chapitres et ils auront tous un nom parce que...Parce que j'aime bien donner des noms et pis c'est tout è-é.
Le rating général est de +16, sachant que ce sera plutôt innégal, avant chaque partie j'incluerais le rating spécifique. Comme ça ce sera plus clair.
Voilà, c'est à peu près tout. J'espère que ça vous plaira un minimum et que je ne finirais pas lapidé. Toutes les critiques sont acceptées, même les miennes ! Sur ce, Enjoy.
PS : Si vous souhaitez reprendre un de mes personnages pour creer votre cross over, c'est avec joie, je vous les prête quand vous voulez, j'ai des fifiches persos aussi pour ceux que ça interresse. |
Chapitre 1 : Incertitudes.
| Spoiler: | | | Rating : Pas de restrictions particulières.
Je ne savais rien et pensais tout connaitre de la vie. Après tout, j’avais réussis à me bâtir un petit paradis. J’étais l’homme basique, celui qui se fond dans la masse, celui qui a une vie standard, celui qui ne fait jamais un pas de travers. Je recyclais mes emballages, j’allais au travail en vélo, pour ne pas trop utiliser la voiture et le dimanche j’emmenais ma fille au parc. Je pensais tout avoir compris à la vie. Comprendre pourquoi les choses sont ainsi, comment on peut influer sur notre futur, comment on peut prendre notre vie en main. Je pensais maitriser la mienne. Pourtant… Pourtant ce soir là…
« Dites Mine-san, Allez vous rendre votre travail en avance cette fois encore ? » Je levai les yeux de mes feuilles de calcul sur l’ordinateur, ils me piquaient, combien de temps cela faisait ils qu’ils ne l’avaient pas quitté ? Je les frottai en reprenant doucement contact avec la réalité. « Eh bien, ont dirait oui, j’ai bien avancé ce projet. » Mon cadet haussât les épaules avec un air embêté. Dans l’entreprise il était arrivé après moi et était moins âgé, ainsi, nous avions une relation de supérieur a subordonné alors qu’il n’en était rien. Il déposât une main sur mon bureau avant de s’avancer. « Je n’ai pas eut le temps de finir le miens. Si le patron s’en rend compte et s’en souviens lorsque vous remettrez votre dossier… » Je reposai mon dos dans le siège avant de prendre une profonde inspiration. Nous étions sensés travailler en équipe n’est-ce pas ? Alors je devais l’attendre. - J’ai compris. Dites moi quand vous aurez fini et nous irons déposer l’avancement de nos projets ensemble. - Merci beaucoup ! Je vais faire de mon mieux ! Dit-il rayonnant avant de repartir a son poste de travail. Je profitai de cette interruption pour prendre une pause. Je me levai de mon siège et parcourrai les quelques mètres qui le séparait de la salle de repos. En y pénétrant je saluai respectueusement mes supérieurs avant de commander un thé a la machine à café. Cela faisait bien longtemps que j’avais arrêté la caféine, comme la cigarette, pour ma femme, pour notre fille, pour que je puisse vivre jusqu’à voir mes petits enfants, pour pouvoir courir avec eux sans être essoufflé après deux pas. C’était Yae qui en avait décidé ainsi. A vrai dire, c’était elle qui décidait de tout dans notre couple. Ca ne me déplaisait pas, c’était juste ainsi.
Je constatai que dehors, il faisait nuit noire. Devais-je l’appeler pour l’informer que, comme toujours, mon travail avait été plus prenant que je ne le pensais ? Que je rentrerais sûrement tard ? Elle devait s’en douter et je voulais avant tout éviter les confrontations directes. C’était sans doute mieux pour notre fille, de ne pas voir son père rentrer tard et se faire hurler dessus par sa mère. J’haussai les épaules. Avec un peu de chance, ce travail m’apporterait une augmentation un jour, à force de persévérance, et je pourrais lui offrir une vie meilleure que la notre. Dans mon verre les dernières goutes de thé étaient âpres. Comment pouvais-je accepter par amour de boire cet immonde jus sans gout et tiède ? Il me fallait un café, un bon, pour assurer jusque tard. J’allai m’en commander un avant de retourner à mon poste. Le bruit des gouttes de pluie sur les baies vitrées berçaient mes coéquipiers et quelques uns s’endormaient sur leurs ordinateurs. Certains n’avaient pas choisis de sacrifier leur vies personnelles au profit de leur travail comme moi, je ne me sentais pas de les contraindre. Alors je me relevai et frappât dans mes mains. - Les gars, vous pouvez retourner chez vous, on va finir avec Shigeru-kun. Tous se relevèrent et masquèrent mal leur air ravi. Ils pouvaient l’être, je venais de leur empêcher une scène de ménage. Ils firent tous leurs affaires avant de se retourner et de nous remercier d’un signe de tête. A coté de moi Shigeru ne dit mot. « Je suis désolé de te faire rester » Finis-je par lui dire en m’asseyant. Il ne dit rien, concentré sur ses fiches qu’il avait du mal à rendre a temps. Je le savais, il avait choisit la même voie que moi, d’œuvrer dans l’ignorance la plus totale pour ramener l’argent chez lui et se faire insulter par sa compagne sans qu’elle comprenne que c’était pour elle qu’il faisait ça. Sa mère était malade, peut être devait-il payer l’hôpital, toujours est-il qu’il quittait rarement le travail peut être pour ne pas avoir a faire face à tout ça. Sur mon poste défilaient un nombre incroyable de chiffres et de données. Je travaillais pour un bureau d’architectes et me chargeait de tout ce qui concernait la paperasse, permis de construire, devis etc. Comme notre cabinet comptait pas moins de trente architectes nous avions affaire a un nombre incroyable de projets tous plus longs et compliqués les uns que les autres et il m’arrivait souvent de devoir téléphoner a la mairie a vingt-trois heures pour demander a parler a l’autorité de garde. Quand je raccrochai le téléphone pour la dernière fois ce soir là, la fatigue commençât à se faire sentir. Je massai doucement ma nuque et desserrai ma cravate. Shigeru continuait ses projets et griffonnait sur son calendrier de petits croquis d’architecture. Il aurait aimé être un professionnel, travailler comme architecte ici, mais n’avait pu obtenir que ce poste et s’appliquait maintenant pour montrer sa valeur. Je me relevai et attrapai la veste de mon costume pour descendre dans la rue. Dehors il faisait froid et une lourde odeur de pluie se rependait sur les trottoirs, elle devait s’être arrêtée depuis quelques heures tout au plus. Je me hâtai dans le café en bas de la rue et y commandai deux cafés. Le serveur les versât dans deux verres en cartons de cinquante millilitres, il commençait à me connaitre, si, à cette heure je venais le voir c’est que je n’étais pas près d’avoir fini. Je le payai et attrapai le sac en papier dans lequel il avait mis les cafés. Un pour moi, un pour Shigeru qui devrait lui aussi prendre des forces pour faire de son mieux. Un léger sourire se greffât sur mes lèvres en pensant aux efforts qu’il mettait en œuvre, j’espérais qu’ils fussent bientôt récompensés. Je fus interrompu par mon téléphone qui se mit à sonner. J’avais oublié de le laisser au bureau, négligemment, je callai le sac en papier sous mon bras avant d’ouvrir le clapet du portable et de le porter à mon oreille. - Oui ? - Où es-tu ? Cette voix me glaçât, pourtant, elle ne le devait pas. Je devais être heureux d’entendre sa voix d’ordinaire si douce, je voulais sincèrement l’être. - Au boulot… Les dossiers s’amoncèlent et je ne- - Je ne veux pas de tes excuses ! Hurlât-elle m’interrompant. - Yae, calme-toi, tu va réveiller Emi. - La ferme ! Qu’est-ce que tu peut en avoir à faire d’Emi ! Sais-tu seulement quelle heure il est ? - Non. Soupirai-je. - Minuit et demi ! Comment je fais pour lui expliquer que son père ne rentrera pas pour la border ? - Ecoute je suis désolé mais- - Je ne veux pas de tes excuses ! Sais tu qu’elle m’a demandé si tu étais mort ? Ces derniers mots résonnèrent dans ma tête et le temps semblât arrêter de s’écouler. Autour de moi le silence se fit, même les voitures qui passaient dans la rue ne parvenaient pas à me réveiller. Alors elle pensait ça ? Ma propre fille pensait que j’étais mort… Les mots semblaient s’agglutiner dans ma gorge et vouloir m’étouffer. Non, ça ne pouvait pas être possible… Je…Je faisais tout pour elle, pour la contenter, pour lui assurer un avenir radieux, je voulais la sortir de la misère à laquelle sa mère était habituée. Je crus pouvoir m’effondrer, que mes jambes ne me tiennent plus. - Ne fais pas le mort ! Hurlât ma femme. - Je…Je ne sais pas quoi dire… - J’aurais aimé t’en parler de vive voix mais… Elle semblât hésiter. - Quoi ? - Peut être que nous devrions divorcer… Pour une fois ce n’était plus la colère qui guidait ses mots, mais la douleur, la tristesse et je compris que ce n’était pas une lubie de sa part.
Nous nous étions rencontrés à l’université, j’étudiais l’architecture et elle le journalisme. Elle était tellement belle et possédait ce charme désuet et naturel. Ses longs cheveux longs décolorés en châtain la faisaient ressembler à une gravure de mode mais elle n’avait pas conscience de l’attirance que tout le monde avait pour elle. Elle rougissait toujours quand un homme venait lui proposer un rendez vous avant de refuser. J’avais décidé de ne pas aller la voir, parce que j’étais timide et que bien sûr, je ne voulais pas subir le même sort que tous ses prétendants. Pourtant, l’année suivante, je dus changer de résidence universitaire et me rendis compte que nous prenions le même bus chaque matin. Alors, petit à petit nous avons commencé à nous parler, à rire ensemble, son sourire était le plus beau de tous quand ils découvraient ses dents blanches délicatement. J’étais littéralement sous le charme et un jour je décidai de me déclarer, la veille de la st valentin et elle acceptât mes sentiments. Le lendemain nous nous embrassions après qu’elle ait préparé un pique nique mangé sur le sol de ma nouvelle chambre universitaire. J’étais réellement fou d’elle, même lorsqu’elle s’emportait, ça ne comptait pas pour moi. Sa famille ne roulait pas sur l’or alors je voulais lui apporter assez d’argent pour qu’elle puisse posséder tout ce qui lui avait manqué mais elle ne comprenait toujours pas que ce travail puisse me prendre du temps. A moins que… A moins que ce soit moi qui n’aie pas compris que Yae et Emi auraient préféré payer de leur poche mon salaire pour me voir plus pendant ces heures supplémentaires. La vérité… C’est que je n’étais pas sûr de moi au point de penser que je valais plus que tout cet argent. Seulement, quand elle prononçât ses mots je compris mais je ne pouvais pas revenir dans le temps. J’aurais aimé tout arrêter et reprendre depuis le début, ce jour où je l’ai aperçue sans parapluie sous une averse, elle souriait et son visage ruisselait. Elle était plus belle, plus belle que n’importe qui. Pour la première fois de ma vie je voulus oublier, tout laisser derrière moi comme si ça n’avait jamais existé, ne rien voir que mon avenir. Je ne remonterais pas au boulot ce soir pensai-je en refermant le clapet de mon téléphone. Comment était-je sensé encore croire aux bienfaits d’une entreprise comme celle là ? Je laissai tomber le café au sol, dans une flaque d’eau. Tout ça n’avait pas vraiment d’importance et comme une ombre je commençai à déambuler dans les rues de cette ville tellement plus vivante que moi. Quoi que je fasse elle occupait mes pensées, Yae… Je l’aimais tellement, était-ce encore le cas pour elle ? Et Emi ? Je ne voulais pas être séparé d’elle. Nous l’avions ardument souhaité, toutes ces visites que nous avions fait au temple pour qu’enfin elle naisse. Je ne voulais pas qu’elle pense que je sois mort et pourtant, c’était de ma faute, de la faute de ce travail. Je rejetai la faute sur quiconque était au courant et ne m’avait pas empêché de continuer de m’éloigner d’elles. Dans la rue tout le monde semblait porter un regard accusateur sur moi, il y avait tellement de gens dehors à cette heure tardive. Pourquoi ne l’avais-je jamais remarqué ? En dehors du bureau la vie est tellement grouillante et colorée, je pris la mesure de ce que j’avais perdu durant toutes ces années. J’avais trente deux ans et n’avais jamais vraiment vécu hors du carcan de la société. Qu’avais-je manqué, je voulais voir tout ça, maintenant. Sans vraiment faire attention je me stoppai devant un bar. La devanture entièrement noire et bleue laissait présager quelque chose de plutôt classe et sélectif pourtant, les personnes qui en sortaient ressemblaient à monsieur tout le monde, comme moi. Une lourde musique techno s’échappait jusque dans la rue, s’intensifiant à chaque fois que la porte s’ouvrait. Je pouvais alors entrevoir l’intérieur de la discothèque. Beaucoup de monde dansaient sur le rythme de la musique, sous les spots de lumière bleue. Je pensai à un aquarium. Sans vraiment me l’expliquer, je fus comme attiré par ce lieu, je n’avais pas envie d’écouter ce genre de musique, encore moins de danser. Tout ce que je voulais, c’était oublier. Mes jambes me portèrent pourtant et je passai sans vraiment de problème le videur, encore en habit de travail. Quand la porte se refermât derrière moi je me sentis nettement moins à l’aise comme pris au piège dans cet aquarium dont je ne pouvais respirer l’air. Je fis quelques pas, cherchant un endroit ou me poser pour réfléchir à quoi faire. J’entrevis un escalier à l’autre bout de la piste de danse, il menait à une mezzanine qui donnait sur le reste de l’établissement. Instantanément je compris que je devais aller là bas, pour observer et me laisser le temps de m’habituer. Je slalomai entre les danseurs, me faisant bousculer, les rythmes technos d’un boys band résonnaient dans ma tête, j’aurais tué pour un médicament contre la migraine. Les spots changeaient de position toutes les secondes, rendant d’autant plus difficile toute progression. Quand au bout de quelques minutes j’atteins l’autre bout de la piste de danse je pus reprendre ma respiration. Je n’étais plus assez jeune pour tout ça pensais-je avant de m’empêcher de repenser aux événements de la soirée. Peut être que si j’arrivais à boire un peu d’alcool j’irais mieux. Je recherchai un serveur des yeux mais il y avait trop de monde, peut être que si j’arrivais à atteindre la mezzanine j’en repèrerais un. J’avançai d’encore quelques mètres avant de pouvoir poser ma main sur la rambarde de l’escalier en colimaçon. J’entrepris de monter à l’étage quand je sentis quelqu’un attraper mon épaule. Je me retournai alors brusquement, un peu surpris et le vis. Ce n’était pas comme si je n’avais jamais vu un jeune homme comme lui. Blond, les cheveux au niveau de la mâchoire, en bataille, un visage tellement fin et presque féminin qu’il voulait cacher derrière des lunettes de vue noires. Ses lèvres étaient fines et légèrement rosées, on eut dit celles d’une femme, quand je me retournai, il sourit laissant apparaitre une petite fossette sur sa joue droite. Je déglutis. Je pensais l’avoir déjà vu quelque part, peut être me rappelait-il Shigeru par son âge, il devait à peine être majeur à moins qu’il ne ressemble a un des frères de Yae ? Sans vraiment comprendre, il apportait déjà beaucoup plus de question que de réponses. « Désolé, vous ne pouvez pas monter. » Dit-il en s’excusant d’un geste poli de la tête. Je ne compris pas. Monter, monter où ? Puis je me rappelai. J’étais venu ici pour oublier, je voulais trouver un serveur depuis la mezzanine. - Pourquoi ? - Parce qu’il n’y a plus de place en haut. Répondit-il en ne comprenant pas vraiment pourquoi je posai la question. - Qu’est-ce que tu en sais ? - Je bosse ici, alors, je suppose que pour ce genre de choses il faut me faire confiance. Je rougis de honte de lui avoir parlé ainsi alors que dans ce bar, c’était incontestablement lui le chef, bien plus que moi et ce malgré son âge. Je remarquai alors son uniforme de barista, une chemise blanche aux manches trois quart, un long tablier noir qui se confondait avec un pantalon droit. Sur son gilet tout aussi sombre se trouvait une plaque avec son nom. « Ludan ». Je n’avais jamais entendu ça. Sûrement un surnom et sans vraiment comprendre je m’attachai à lui, peut être était-ce parce qu’il était plus jeune ou bien était-ce ce sourire qui m’était familier ? - Merde, je suis désolé. - C’est pas grave, on ne me croit pas la plupart du temps… Il fit une mine si triste qu’il ressemblât à un petit garçon contrarié. Il me rappelât Emi, bientôt elle aurait sept ans, je m’empêchai d’y penser. - Maintenant que tu le dis, je te crois. - C’est parce que vous avez vu mon uniforme ! Le fait qu’il me vouvoie me choquât, je n’avais pas l’habitude des conversations informelles avec les jeunes mais je pensais qu’il m’aurait tutoyé. Je l’aurais fait si un ainé était venu dans mon bar. - Maintenant que je t’ai sous la main, sers-moi un verre. - D’accord, suivez moi jusqu’au bar. Je rivai mon regard sur son dos si fin, était il réellement majeur ? Il ressemblait à un enfant encore. Il avait dû apprendre a force d’expérience à se glisser sur la piste de danse sans gêner personne, passant son plateau sous son bras et sa serviette sur l’épaule. J’eus du mal à suivre son rythme mais finalement je parvins au bar. Il était divisé en deux parties, une dirigé par un autre garçon blond et la deuxième qui semblait lui appartenir. Le comptoir était retiré de la piste de danse et semblait légèrement plus calme. A ma vue, le deuxième serveur s’inclinât poliment en me souhaitant la bienvenue. Ils devaient recruter leur personnel pour plaire aux jeunes femmes me dis-je, ils ressemblaient tout deux l’un à l’autre et au gendre idéal. Apprêtés, vêtus de beaux costumes de barista impeccables ils semblaient plus se trouver là pour le plaisir des yeux des femmes qu’au plaisir gustatif. J’haussai les épaules avant d’aller m’asseoir à une chaise au comptoir de celui qui s’appelait Ludan. - Qu’est-ce que je vous sers ? Dit-il en retroussant ses manches. - Ce que tu as de plus fort. - En liqueur ou en cocktail ? Je doutais clairement de ses capacités, peut être était-ce de la jalousie par rapport à son âge et sa beauté mais je ne pensais pas qu’il puisse être doué. Je voulus le tester. - Cocktail. - Ok, qui pour un air gunner ? De ce que je compris il appelait les gens pour ne pas avoir à salir un shaker pour une seule personne ce qui m’aurait couté plus cher, malheureusement tout le monde était trop occupé à danser sur la piste pour songer a s’arrêter alors il prit un air beaucoup plus sérieux et sortit un Shaker. Comme pour galvaniser davantage sa concentration il se saisit de la mèche qui trainait devant ses yeux et la remontât sur le haut de son crâne, il la fixât avec deux barrettes noires plates accrochées à son tablier. Je découvris alors deux yeux ronds et d’un gris incroyablement profond. Ses cils étaient longs et fins, comme ceux d’une femme, même ses lunettes n’arrivaient pas à cacher sa beauté. Même si je n’étais pas vraiment complexé par mon physique je pensai que pour ce genre de personne la vie devait être plus facile, toutes les femmes devaient être à ses pieds et vu son âge il pouvait encore en profiter. Je ressentis comme un horrible coup de vieux, les années ou je pouvais n’en faire qu’à ma tête étaient derrière moi et je les avais gâchées à travailler d’arrache pied du matin jusqu’au soir. Je l’enviais, bien sûr, j’aimerais revenir à cette époque et ne plus rien regretter. Sans vraiment que j’y fasse attention il posât un verre juste devant moi, perdu dans mes pensées je n’avais même pas regardé sa préparation. Dans un beau verre à pied il avait réalisé un cocktail bleu translucide d’une couleur incroyablement profonde et envoutante. Les bords étaient glacés avec du sucre cyan. - Qu’est-ce que c’est ? - Goutez et devinez. Il m’adressât un sourire presqu’amical. Feignait-il la gentillesse ? Tout son visage semblait trahir sa bonté naturelle. Je me pliai alors à son jeu et déposai le verre sur mes lèvres avant d’en goûter le contenu. C’était fort comme promis mais aussi acide, du citron et sucré. C’était délicieux, envoutant, grisant et couleur Cyan, tout comme ce bar. Je reposai le verre après seulement une gorgée. - Citron vert, sucre et… Vodka ? - Vous en oubliez un. - Ah ! Oui ! Suis-je bête ! Curaçao pour la couleur ? « Ah ! » fit-il avant de passer ses mains dans ses cheveux « Est-ce si facile de deviner ce qu’il y a dans mes cocktails ? J’ai encore des progrès à faire ! » Je souris, ses mimiques étaient si mignonnes, on avait envie de le prendre sous son aile et de lui apprendre comment faire même si dans ce domaine il était bien meilleur que moi. - Un cocktail dont on discerne tout les ingrédients n’est pas forcément un mauvais cocktail. Si on peut deviner tout les gouts présents c’est qu’ils sont puissants et bien conservés n’est-ce pas ? Il mit un peu de temps avant de comprendre de quoi je parlais. Il semblait ailleurs pensant à autre chose en me regardant, peut être que je lui rappelais quelqu’un… Quand il eut fini de m’observer il rit avec un sourire radieux et naturel avant de repasser sa main dans ses cheveux, gêné. « Merci beaucoup de défendre quelqu’un comme moi… S’il vous plait, appréciez votre boisson, je me tiens à coté si vous avez besoin de quelque chose » Dit-il avant de se retourner vers la salle. Je posai ma main droite sur mon verre, à vrai dire j’aurais apprécié de discuter encore un peu, ça m’aurait changé les idées mais il était maintenant de profil et son regard se jetait dans la salle. Je plongeai le miens dans mon cocktail bleu. Si seulement il pouvait noyer mes idées noires, me dire que demain, avec Yae tout irait mieux. Après tout, peut être avait-elle dit ça sur le coup de la colère. Oui, oui, ce devait être ça, je rentrerais à la maison après avoir fini le cocktail. J’en bus une autre gorgée et remarquât que le serveur me jetât un coup d’œil furtif, s’assurait-il que je finisse bien ma boisson ? Quand je le reposai sur le dessous de verre il s’approchât timidement de moi. - Vous savez, je n’aime pas faire de cocktails forts. - Ah bon, pourquoi ? Le questionnai-je en appuyant mes coudes sur le comptoir. - Ce sont des cocktails travaillés pour saouler le plus vite possible, tenez, dans l’Air Gunner que vous buvez il y a beaucoup de Vodka et de Curaçao, deux alcool puissants, le sucre n’est présent que pour conduire les deux autres au cerveau le plus rapidement possible et le citron pour cacher leur goût et rendre le tout plus facile a boire. - Et ? Qu’y a-t-il de mal ? - Est-ce que les gens heureux ont envie de se saouler rapidement ? Je restai muet un temps. Je le prenais pour un idiot, c’était une constatation un peut trop rapide n’est-ce pas ? Je répondis par un sourire en posant mes doigts sur le rebord du verre, presque coupable d’avoir commandé quelque chose de fort. - Non, probablement pas… - Croyez moi, je fais un nombre de cocktail incroyable par soir et une fois environ par service j’ai le droit au « Ce que vous avez de plus fort ». - Et tu leur sers toujours le Air Gunner ? - Non, les autres n’ont pas l’air si triste. Encore une fois il réussit à souffler tout commentaire de ma part. Je ne su que répondre, que faire, rire ? Pleurer ? Je n’eus qu’une seule envie, confier ça a quelqu’un. - Tu comprendras quand tu auras quelques années de plus, quand on te demandera de faire un choix. Soit ta famille soit ta carrière. - Et vous avez choisi ? - La carrière pour ma famille. - Le chevalier de l’ombre ? - Comment ça ? - Vous œuvrez dans l’ombre, vous travaillez, longtemps et votre famille vous le reproche sans vraiment comprendre que vous faites ça pour elle. Maintenant je compris que je l’avais clairement sous estimé. Sa capacité de compréhension était impressionnante. Quel âge avait-il pour réfléchir de façon si mature ? Etait-il vraiment aussi écervelé que sa beauté le laissait présager ? - C’est le pire des choix n’est-ce pas ? Le choix des indécis. Conclus-je. - C’est celui de ceux qui ne comptent pas leurs efforts. Je ne pourrais pas travailler autant. Déjà que quand je rentre après huit heures de travail je suis soufflé… - C’est parce que ton travail est plus physique que le miens. - Vous travaillez dans quoi ? Il parût réellement intéressé par notre conversation, pas comme si ça faisait partie de son travail, comme si nous parlions en dehors de tout ce cadre de client a employé. Ca me plût, parler de cette soirée avait un peu allégé mon cœur. - L’architecture, enfin, j’ai les diplômes nécessaires pour faire architecte mais mon boss ne me laisse que faire la paperasse. - J’imagine que c’est dur mentalement, généralement j’abandonne quand j’ai trop de papiers à faire. - Comment tu fais alors ? Tu reste hors la loi ? Ris-je naturellement. - J’attends, et quand je n’ai plus le choix, je fais tout d’un coup, je crois mourir tellement c’est fatiguant ! - C’est parce que tu n’es pas payé pour le faire ! - Architecte était votre rêve ? - Pas vraiment. Je me suis retrouvé a la fin de mon cursus au lycée et je devais me choisir une voie. J’étais doué en mathématiques et en arts. J’ai fini à l’université dans une formation d’architecture. «Aaaah » Il poussât un soupir à la fois intéressé et captivé en appuyant ses coudes sur le comptoir avant de poser son visage entre ses mains puis il reprit. « Parler avec des personnes plus âgées est tellement plus intéressant ! ». Je bus une gorgée avant de poursuivre la conversation. - Tu parle souvent a des personnes de mon âge ? - Mh, Mon ex était plus âgée. Nous pouvions avoir de super discutions, bien meilleures qu’avec les gens de mon âge. J’hochai la tête en essayant de penser au type de personne avec lesquelles il pouvait sortir auparavant, plus âgé avait-il dit ? Maintenant je voyais une vieille poule l’accompagnant dans les magasins. Si elle avait mon âge elle devait sûrement ressembler à Yae. Ca ne faisait pas tant de différences physiques que ça… - J’étais pareil que toi à ton âge. - Vraiment ? Dit-il en paraissant subjugué. - Oui, je ne parlais pas au gens comme moi à l’université, j’allais dans des cercles de réflexion, je cherchais toujours a connaitre plus de choses. - Ah soupirât-il. Ca a l’air vraiment intéressant. - Ca l’est. Vas-y un jour. Il sourît en inclinant la tête comme s’il avait trouvé quelque chose de particulièrement captivant. - Si on se recroise dans la rue, vous m’emmèneriez ? Me demandât-il. Je fus un peu désarçonné, il était franc, trop franc. Dans une entreprise on apprend à ne pas parler en son nom, à cacher ses sentiments, ses envies et à ne pas lier de liens avec les clients. Il n’avait pas dû passer par cet apprentissage. Je n’étais pas habitué à ça, j’éludai la question. « C’était ton rêve d’être barman ? » Lui demandai-je un peu gêné. Il parût déçu de ma question, bien sûr ce n’était pas la réponse qu’il attendait, j’aurais pu lui dire tout simplement que je l’emmènerais et oublier cette promesse comme ce soir qui s’effacera de ma mémoire rapidement pensai-je mais je ne pouvais décemment pas faire ce genre de promesses. J’avais trente deux ans et pas le temps de m’amuser à faire le guide touristique pour un gamin. Je bus une gorgée de plus en attendant sa réponse qui tardât à venir. - Non, c’est un métier provisoire. C’est mon colocataire qui m’a pistonné. - Tu rêve de faire quoi comme travail ? - Je ne sais pas vraiment… A vrai dire pour l’instant je veux juste payer mon loyer. Je n’ai pas de famille à entretenir comme vous. - Ca a ses bons cotés aussi… - Vous avez des enfants ? Dit-il en s’accoudant au comptoir. Il parût réellement intéressé alors je répondis même si c’était très personnel. - Oui, une fille. - Elle a quel âge ? - Bientôt sept ans. L’âge de raison. - On dit ça mais même moi je ne pense pas encore l’avoir atteint. Il rit doucement avec toujours cet air attendrit et apaisé. J’en oubliai même la musique techno derrière nous. Il était réellement intéressant, à tel point que j’en oubliai ma bonne résolution de rentrer parler à Yae, ce soir elle n’existait plus vraiment, comme toute ma vie en dehors de ce bar. Au bout d’un temps de conversation sur tout et rien, je me sentis vraiment à l’aise et pu rire à mon tour, alcool aidant. J’en appris peu sur lui. Il s’appelait Ludan, avait vingt ans et vivait un peu en dehors de la ville. Bêtement, par curiosité je voulais en savoir plus, malgré notre différence d’âge pourrions nous être amis ? Je me trouvais pitoyable à penser qu’un jeune homme comme lui pourrait avoir quelque chose à faire avec qu’un de routinier comme moi. J’en fus à la moitié de mon verre quand le deuxième barman blond vint le voir. Il posât sa main sur son épaule et Ludan se retournât comme piqué au vif de tirer au flanc, pourtant il n’y avait aucun client trop occupés à danser sur la piste. - Dis Ludan-kun, dans trente minutes tu prends ta pause ok ? - D’accord. Tu voudras que j’aille t’acheter quelque chose à manger ? - Non merci, on m’a fait des sandwichs. - Trop mignon ! - Ne te moque pas ! Rit-il. Continue de bosser comme ça. Je bus le reste de mon verre d’une traite en prenant gare de ne pas avaler les glaçons pilés avant de le reposer sur le comptoir. L’alcool avait un goût fort, agressif, je me rappelai de ce que j’avais dit lors de ma commande, il ne m’avait pas mentit, c’était concentré comme cocktail. Je fis tourner la chaise de bar et attrapai mon manteau posé à coté de moi. « Bon, alors je vais y aller aussi » Je déposai sur le comptoir un billet de mille, la monnaie servirait de pourboire puis je levai les yeux vers Ludan en souriant, ce qui n’était pas du tout son cas. Une moue boudeuse s’était rivée sur son visage, comme un enfant. Etait-il triste que je doive partir si tôt ? Il était à peine une heure du matin. Mais je devais vraiment retourner voir Yae et chasser toutes ces mauvaises idées de sa tête, lui rappeler que je suis le seul homme qui puisse l’aimer autant, je pourrais la prendre dans mes bras, la rassurer et lui dire qu’elle était la seule qui comptait pour moi. Je me retournai lorsque je sentis une main s’enrouler autour de mon poignet. Je me stoppai un moment, comme électrisé. Cette emprise, forte, presque désespérée… Me sentir utile… Ma pensée s’égarât, combien de temps cela faisait-il que je n’avais pas ressenti ça ? Au travail, à la maison, peu importait, où que j’aille je me sentais médiocre, rabaissé, inutile et ce soir là… Je compris le vide qu’était ma vie. Alors je pris ma respiration et me retournai, Ludan s’était étendu sur le comptoir, de tout son long pour attraper mon bras. Je fus surpris, plus que jamais. Il avait l’air de réellement vouloir parler avec moi, ce n’était pas de la politesse de comptoir, faire la discussion au client pour qu’il consomme davantage. Je déglutis péniblement, pour une fois je me sentis utile. Alors je me retournai complètement et vu sur son visage une expression triste, pleine de mélancolie. Se rendant compte de son emportement il tordit sa bouche et se relevât, lâchant mon bras. Il voulut s’excuser mais aucun son ne sortit de sa bouche. Il était touchant, je ressentis ce genre d’émotion qu’on peut éprouver devant un chiot qui fait quelque chose de presque humain. « Mignon » ce mot utilisé à tord et à travers, lui correspondait parfaitement. Je souris, de ce sourire qui me donnait l’air bienveillant selon ma femme et il trouvât le courage de me parler. « Est-ce que vous pourriez attendre jusqu’à ma pause avec moi ? » Peut être voulait-il juste parler pendant encore quelques instants. Je m’avouai que notre discussion m’avait plu, alors je me rassis commandant un verre d’eau. Il eut l’air ravi et me préparât un cocktail sans que je lui demande, un nouveau. - Sur mon compte dit-il retrouvant son aplomb. - Qu’est-ce que c’est ? - Un cocktail maison. Goutez. J’haussai les épaules avant de porter le verre à mes lèvres. Il était frais, délicieux, rafraichissant et doux en même temps. Sur les bords du verre le glaçage au sucre prenait une délicate couleur dorée au fur et à mesure que la boisson s’y pressait. Je le reposai alors sur le dessous de verre et réfléchis à sa composition. - Rhum blanc ? - Oui. - Champagne ? - Oui et troisième ingrédient ? - Citron. Il sourit et parût réellement ravi. - Faux ! Vous vous êtes laissé avoir par la couleur du cocktail. Il n’y a pas un centilitre de citron là dedans. - Alors qu’est-ce que c’est ? - Un mélange maison de pamplemousse pour l’acidité et de Sakura pour la douceur. J’ouvris de grands yeux réellement épaté par la créativité dont il avait fait preuve, les gouts se mariaient parfaitement, cette saveur exotique de fleurs de cerisier, tellement délicate et naturellement un peu fade était relevée par le pamplemousse. Je frappai doucement dans mes mains. - Bravo, un des meilleurs cocktails qu’il m’a été donné de gouter. Comment tu l’as appelé ? - Golden Fish pour évoquer les carpes Koi et le Sakura. Sa couleur or est obtenue avec des colorants naturels et accentuée par le champagne. - Tout le monde se fait-il avoir par la couleur ? - Je ne sais pas vous êtes le premier à le gouter. Il sourit avec fierté. Son cocktail avait fait mouche. Si j’avais pu, j’en aurais ramené chez moi. - Tu aime boire des cocktails ? On dit qu’une bouche passionnée fait les meilleures pâtisseries, j’imagine que c’est pareil pour les barmans. - Je ne peux pas, je supporte mal l’alcool, après deux gorgées d’une liqueur je finis par terre à raconter les pires vérités à mon sujet. Il rit avant de reprendre. - Mais j’aime le sucré. Je ne mange quasiment que ça. - C’est pour ça alors. J’hochai la tête en prenant une nouvelle gorgée de son cocktail si raffiné et léger qu’on ne sentait même pas le rhum qui pourtant était en grande quantité et qui commençait à envahir mes pensées. J’eus chaud et défis le premier bouton de ma chemise de travail. Je regardai l’heure, sa pause serait dans quelques minutes et il semblait attendre ça avec impatience. - Fatigué ? - Comment ça ? - Tu trépigne littéralement en attendant ta pause. Il prit un air gêné d’être si transparent. - En fait, je suis en manque de nicotine, j’attends pour pouvoir aller fumer. Je fus étonné d’apprendre qu’il était accroc à la cigarette, ça n’allait pas du tout avec son caractère, avec son visage et ses attitudes enfantines et mignonnes. C’était comme si à mes yeux il redevenait simplement un jeune de vingt ans, faisant des choses pour avoir l’air « cool » avec ses amis. J’essayai de le cacher mais j’étais déçu. - Fumer ne te va pas vraiment. Tu as pensé à arrêter ? - J’y peux rien, c’est mon ex qui m’a fait gouter à mes premières cigarettes, depuis je suis accroc. - A vrai dire, je trouve que ça ne va pas vraiment aux femmes de fumer non plus. Il prit un air étonné avant de comprendre de quoi je parlai, il prit sa respiration comme pour avouer une faute et détournât son regard de moi. - Lui…Ca lui allait bien. Je ne compris pas vraiment le sens de sa phrase et saisit mon verre pour boire une autre gorgée en souriant. Lorsque que je vis mon reflet dans le cocktail doré je compris. Je relevai alors rapidement le visage vers lui sans même penser à adopter une attitude un peu plus retenue et de circonstance. Il était gay, ou bisexuel tout du moins. Je me pensais tolérant, de ceux qui disent « Ca ne changera rien pour moi, je te verrais toujours de la même façon » après un coming Out, à ne pas changer de regard mais c’était parce que je n’avais jamais vraiment connu d’homosexuels. J’aurais voulu avoir cette attitude jusqu’au bout, que ça ne me choque même pas, que ce soit comme une annonce banale type « Au fait j’aime bien marcher sous la pluie » ou « Je préfère manger chinois » mais je ne le pris par comme tel. La personne que je m’étais imaginée avait disparue, je ne le voyais qu’avec des hommes plus âgés maintenant… Comme moi. Une peur me prit le ventre, et si tout ce qu’il faisait depuis le début n’était que de la drague ? Je ne savais même pas s’il était encore en couple ou non parlant sans arrêt de ses « exs ». J’aurais préféré qu’il le soit, ainsi, j’aurais pu continuer à lui parler normalement, ne me sentant pas comme une proie potentielle. Je devais lui dire, vite, que j’étais marié, discrètement dans une phrase. Puis, doucement, je me rassurai, je lui avais parlé de ma famille et il n’avait pas eut l’air déçu du tout, peut être que moi je n’étais pas à son goût. Cette peur s’effaçât progressivement. Alors, doucement je pus reprendre un sourire presque naturel, ne pouvant chasser ses images de ma tête, Ludan avec des hommes. Peu importe comment je le tournais je ne pouvais voir ça que d’une façon négative. J’essayai de ne pas le laisser paraitre et me souvins du fil conducteur de la conversation. - Ce n’est pas une raison pour te faire commencer la cigarette. Dis-je le plus naturellement possible. - Une de mes devises est « ce qui est fait est fait » alors on doit prendre les choses comme elles viennent et ne pas ce soucier du pourquoi du comment. - Sûrement… Un silence gêné s’installât dans notre conversation, je voulais parler, donner le change mais rien ne vint, j’avais même pensé à partir, abandonnant ma promesse mais il aurait comprit et ça lui aurait fait du mal. Je ne voulais pas ça parce qu’après tout, c’était toujours le même garçon qui avait attrapé mon bras quelques minutes auparavant et qui m’avait demandé de rester comme on demande de l’aide. Je respirai lourdement et il coupât se silence par un coup d’œil à sa montre. - Je crois que c’est bon ! Je peux partir en pause. - Allons-y. - Vous voulez bien rester avec moi alors ? - Bien sûr, je l’ai dit. Répondis-je un peu gêné. Il sourit et devint encore plus beau, maintenant ce genre de pensées me dérangeaient. Je les chassai de mon esprit et le suivi des yeux. Il allât prévenir son collègue avec qui il avait parlé auparavant et ôtât la ceinture en lin épaisse qu’il avait noué à ses hanches. Il comptât sa caisse avant de me faire signe de l’attendre le temps qu’il monte à l’étage chercher ses cigarettes et un manteau. Je mis le miens et l’attendis devant le deuxième bar dirigé par l’autre jeune homme blond. Malgré la ressemblance physique ils semblaient tellement différents, le premier réservé et calme, le deuxième vif et dispersé. Pourtant il semblait encore plus professionnel en ce qui concernait les cocktails, les enchainant, en préparant à l’avance en scrutant la piste de danse. J’haussai les épaules, décidément, les jeunes n’étaient pas si naïfs et idiots que je le pensais avant ce soir. Peut être que c’était juste moi qui vieillissait.
Ludan reparût quelques minutes plus tard et m’indiquât la sortie à l’arrière du bâtiment, c’était à cet endroit qu’ils pouvaient prendre leur pause pour fumer. Je le suivis dans un long couloir avant de nous retrouver dehors. Il faisait froid et l’air avait une odeur de pluie. Ce serait pour bientôt je pouvais le sentir alors Ludan remontât sa capuche sur son visage. Son manteau était clairement trop grand pour lui, ses petites mains ressortaient à peine de ses manches et son visage était entièrement caché par sa capuche. Je souris, le vent froid sur mes joues empourprées était tellement agréable et je commençai même à apprécier ce moment. Nous nous assîmes sur les marches à la sortie du porche. L’arrière cour était vide, silencieuse, nous n’entendions que nos souffles chauds pour réchauffer nos mains glacées. Je sortis de mon manteau une paire de gants que j’enfilai. Ludan les regardât avec envie, je les lui proposai il refusât, il devait fumer. Alors il sortit une cigarette d’un étui usé et un zippo argenté avant de l’enflammer. Quand le bout en fût incandescent il la posât sur ses lèvres et regardât la fumée s’élever avec délicatesse. - Il est superbe ton briquet. Tu l’as acheté où ? - C’est un cadeau de mon colocataire. Il sourit légèrement. - Pour une occasion spéciale ? - Mon anniversaire. Il ne semblait pas loquasse, quelque chose devait le travailler, je me penchai et observai son visage à la recherche d’un quelconque indice et je vis qu’il se mordit la lèvre. - Ca ne va pas ? - J’ai froid. Il était frêle, mince, petit, comment aurait-il pu avoir chaud avec un manteau tout juste enfilé sur un uniforme de travail, mais je ne pouvais rien faire pour lui, il ne voulait pas de mes gants à cause de sa cigarette… Cette cigarette qui changeait radicalement sa façon d’être, ça le rendait négligé, rebelle et distrait, pourtant c’était toujours la même personne. Je me souvins d’un cadeau de mon entreprise, de petites poches de liquide qui, lorsqu’on appuyait dessus se mettaient à emettre de la chaleur, je les avais laissées dans ma sacoche au travail. Y repenser me rendis coupable, je compris que ma vie était plus là bas que chez moi. Sans vraiment comprendre pourquoi je ressentis le besoin d’en parler, peut être était-ce l’alcool. - Ma femme… J’eus du mal à enchainer. Elle veut qu’on divorce. - Pourquoi ? - Parce que je consacre trop de temps au travail et pas assez avec ma famille. - Le chevalier de l’ombre ? - Parfaitement. - Je connais ça, quand on protège quelqu’un, qu’on le surveille de loin lui évitant tout les écueils de la vie sans que celui-ci ne s’en rende compte. Alors on aimerait saisir ses bras et le secouer. Il mimât le geste. On aimerait lui dire « Réveille toi, tu ne vois pas tout ce que je fais pour toi ? » Mais finalement ça nous rendrait prétentieux alors on fait rien et tout les jours pendant qu’on œuvre dans l’ombre au pense au sourire et au bonheur de cette personne n’est-ce pas ? Je rivai mes yeux aux siens, d’un gris profond que même les réverbères n’arrivaient pas à éclaircir. Il avait parfaitement décrit ce que je ressentais alors que je le prenais pour quelqu’un d’insouciant. Il ne cessait de me surprendre. Je me permis d’être plus familier avec lui. M’emparant de sa joue et la tirant. « Qui êtes vous ! Vous n’êtes pas un type de vingt ans ! Vous êtes trop mature ! » Puis nous rîmes ensemble naturellement. Je n’avais eut de cesse de le traiter comme mon inférieur, comme je le faisais avec mon collègue. Maintenant j’essaierais de le considérer comme mon égal. - Plus sérieusement c’est exactement ça. Il n’y a pas de solutions ? Je suis peut être dans une impasse. - Personnellement, à votre place, je sortirais tout mes bulletins de paie et relèverais le nombre de mes heures de travail depuis le début, je les ajouterais et les montrerais à ma femme en lui disant « Tu vois, toutes ces heures ? Il n’y en a pas eut une qui ne fut pas dure, il n’y en a pas eut une où je n’eus envie d’être avec vous et pourtant je les ai toutes faites, pourquoi ? Parce que je veux le meilleur pour vous » et après… Et après je fumerais une cigarette pour faire comme dans les films. Nous rîmes tout deux et je pus voir un sourire franc se dessiner sur ses lèvres. C’était agréable d’être remercié ainsi à tel point que je n’avais même pas fait attention à sa solution. Il sortît son portable qui s’était mis à sonner. Lorsqu’il vit l’expéditeur du message il me demandât quelques secondes et se levât pour aller répondre de l’autre coté du petit terrain vague. Sa cigarette en équilibre sur ses lèvres il tapotait ses touches avec un air peu à l’aise. Nous avions souvent besoin de notre téléphone dans ma société alors j’avais appris à taper le plus vite possible. De ce que je pouvais en voir son portable était à clapet, un ancien modèle, tout en long et blanc. Sur la coque un stickers du bar avait été collé à la hâte, il y en avait aussi quelques uns de salles de concerts du coin. Debout, seul, au milieu de ce terrain vague je remarquai à quel point il était fin et menu. Ses jambes comme deux baguettes étaient cernées par un pantalon noir légèrement trop grand pour lui, même au niveau de la longueur, un ourlet avait été fait à la va-vite sur leur extrémités. Même sa veste épaisse et trop grande n’arrivait pas à cacher la finesse de son buste et de ses bras, elle l’accentuait même. De dos, avec ses cheveux blonds, il ressemblait à une femme. J’aurais dû le remarquer plus tôt, qu’il était Gay, ça se voyait, il avait des gestes délicats et féminins, même ses mimiques le laissaient transparaitre. Quand il riait il mettait sa main fine devant sa bouche pour ne pas qu’on le voit, se cachant pudiquement. Maintenant je trouvai ça presque touchant, comme un petit frère attachant qu’on a envie de protéger. Quand il eut fini il revint courant doucement et en en profitât pour jeter sa cigarette dans un cendrier sur pieds. Il s’assit à nouveau à coté de moi et semblât plus jovial. Il regardât son téléphone avant qu’une idée germe dans sa tête. - Ah ! Echangeons nos mails ! - Comment ça ? - Promis, je ferais bon usage du votre ! La facilité avec laquelle il demandait quelque chose de si personnel me déconcertât un peu. Les jeunes devaient faire comme ça de nos jours, s’échanger leurs mails à la première occasion, à la première rencontre. J’haussai les épaules avant de céder à sa lubie. « Si tu veux ». Je lui dictai mon mail, hébergé par le serveur de mon travail, encore et il me donnât le sien entièrement constitué de numéros. Je ne fis par vraiment attention à ce détail étrange et l’entrai dans mon répertoire au nom « Ludan/barman » Lorsqu’il le vit il se penchât sur mon portable. - Eh ? Vous connaissez un autre Ludan ? - Non pourquoi ? - C’est désespérant un nom si peu personnel ! On dirait un numéro pro ! Effacez le « barman » ! - Et si je ne me souviens plus de qui tu es ? -On ne peut pas oublier qui je suis ! Rit-il. Je cédai une nouvelle fois à son caprice et laissai l’entrée « Ludan ». C’était étrange, personnel, comme si nous étions amis depuis longtemps, à vrai dire ça me mis mal à l’aise. - Et comment je vous appelle ? - Monsieur Golden Fish. - Ah non, sinon je vais me rappeler de vous comme d’un poisson, alors que vous ne ressemblez pas à ça. - Tu peux m’appeler Mine-san. Il tordit les lèvres, déçu de ne pas être arrivé à m’arracher mon prénom et finit par écrire mon nom dans son portable, quand ce fût fini il choisit un petit logo pour les messages qu’il recevrait de moi. Son choix se portât sur un petit poisson rouge en rappel du délicieux cocktail qu’il m’avait servit. Je souris, je ne comptais pas lui renvoyer de messages, après tout nous n’avions pas grand-chose en commun mais son enthousiasme faisait plaisir à voir. Peut être que s’il m’en envoyait un, je lui répondrais. - Alors… Dit-il, Je pourrais vous envoyer un mail si j’ai envie ? - Oui, si tu veux, enfin, je ne te répondrais sûrement pas rapidement parce que je travaille… « Ma pause est bientôt finie » dit-il et quelque part, je fus déçu, ce moment était agréable. Parler de tout et n’importe quoi avec un ami, cela faisait tellement longtemps. La dernière fois ce devait être avec Shigeru dans un bar après la sortie du bureau pour fêter quelque chose. Je devrais recommencer, je me promis de le faire, bientôt, à la fin de ce projet même. Je sentis le regard de Ludan, intrigué posé sur moi. « Oui ? » lui demandai-je avant de remarquer qu’il semblait à la fois nostalgique et heureux du moment passé en ma compagnie, je ne compris pas vraiment. « J’ai quelque chose à vous dire » m’expliquât-il en posant ses mains sur ses genoux et en les fixant, je ne voyais que le bas de son visage, le reste masqué par la capuche. Sa bouche se tordait, il mordillait ses lèvres rosées et fit mine de se retourner vers moi une fois avant de se repositionner comme avant en fixant à nouveau ses doigts. Je crus qu’il voulait me demander quelque chose par rapport au mail qu’il voulait m’envoyer mais qu’il n’osait pas, de sa part ça ne m’aurait pas étonné. Je vis son torse se gonfler et il serrât ses poings, je m’avançai pour voir le reste de son visage et enfin comprendre ce qui se passait. Lorsque je vis ses yeux il semblât surpris et décidât de se lancer dans son impulsion folle que la timidité retenait juste là. Il passât un bras derrière moi avant de se retourner, je ne compris pas jusqu’à ce qu’il avance son visage vers le miens, pris de panique je me reculai de quelques centimètres mais il ne fit pas attention et déposât ses lèvres sur les miennes, posant délicatement sa main sur ma joue. C’était la première fois qu’un homme m’embrassait. Bon, certes, ce n’était pas un vrai baiser, juste deux lèvres l’une contre l’autre, un baiser enfantin et pur mais je me pris à rougir, à être gêné. Etait-ce la peur que quelqu’un nous trouve ainsi ? Dans cette ruelle sombre, son petit corps à moitié étendu sur le miens et nos lèvres collées ? Etait-ce du dégoût ? Contrairement à ce que j’eus pensé, ce n’était pas ce genre de mauvais sentiment, peut être que si j’avais fermé les yeux, j’aurais réussi à penser que c’était une femme. Non ce qui me gênait, c’était que je ne puisse rien faire. Sans vraiment le comprendre j’étais immobilisé, je ne trouvais pas la force de le repousser. Je sentais une de ses mains froides sur ma joue et la deuxième sur la mienne, au sol. Que faisait-il ? Etait-ce une sorte de jeu pour les jeunes de son âge ? Ce n’était pas quelque chose d’anodin, de jouer avec les pensées d’un homme. Je n’étais pas de ceux là mais s’il avait fait ça, collant son torse contre celui de quelqu’un de peu scrupuleux, dans cette ruelle, tout n’aurait pas pu bien ce passer et ce qui avait commencé comme un baiser innocent aurait pu très mal se finir. Il bougeât doucement se rattrapant sur ses genoux, en maintenant ses lèvres sur les miennes, maintenant nos deux corps se touchaient totalement, je fus plus que gêné cette fois, dégouté. Un homme, avec un corps d’homme se pressait contre moi, si ma femme voyait ça… Yae, je ne pouvais pas lui faire ça même si pour moi ça ne représentait rien. Au moment ou j’allai saisir son épaule pour le repousser il se reculât de lui-même, rouvrant les yeux et les plongeant dans les miens, doucement, il n’était qu’a quelques centimètres de mon visage. Nos peaux se touchaient encore lorsqu’il entrouvrit doucement ces lèvres que je venais de toucher, lentement il susurrât « Je crois que je vous aime » en soutenant mon regard profondément. J’étais dégouté mais ne pouvais m’empêcher de fixer ses yeux, les miens y étaient ancrés. Alors doucement il se reculât, accroupis puis se rassis à sa place, je restai dans la même position encore un peu sonné. Un éclair semblât parcourir sa colonne vertébrale et il comprit ce qu’il venait de faire, alors il redevint le jeune homme que j’avais côtoyé toute la soirée. Il se relevât paniqué, cherchant à droite et à gauche quelque chose mais ne me trouvât que moi, encore à moitié couché et incapable de joindre mes pensées à mes actes. Il voulut me relever mais n’osât pas me toucher, alors il récupérât son téléphone portable qu’il avait fait tomber et se jetât sur la porte du bar. « Je suis désolé, vraiment désolé » me dit-il avant de presser la main tenant son portable devant sa bouche, comme pour effacer ce qu’il venait de faire. « Je ne suis pas comme ça normalement, je suis sincèrement désolé Mine-san… » Il me fit une révérence vraiment hors de propos et ouvrit la porte avant de s’engouffrer dans le restaurant, toujours la main devant le visage.
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Chapitre 2 : La croix noire. (plus loin dans les messages) Raiting : Pas de restrictions particulières
Chapitre 3 : Le deuil (Plus loin dans les messages) Raiting : +12
Chapitre 4 : La laisse (Page deux :Lien) Raiting : +16
Chapitre 5 : Les notes de Koto. (Page deux ; Lien) Raiting : Pas de restrictions particulières
Chapitre 6 : Les articulations de la poupée (Page deux Lien)
Chapitre 7 : Les on-dits (Page deux : Lien)
Chapitre 8 : Ces mots qui enchainent (Page deux : Lien)
Chapitre 9 : Quand tout se brise (Page trois : Lien)
Chapitre 10 : Hématôme (Page trois : Lien) Chapitre 11 : Vide ...
Dernière édition par Yusuki le 23.05.11 23:35, édité 11 fois |
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Tsugi-sanX3
 | Sujet: Re: La poupée de porcelaine.[En cours] 24.03.11 20:45 | |
| Hum..... Pas assez long pour faire un chapitre............. Bah mon dieu.... Je lirais plus tard et je rééditerais mon commentaire, j'ai pas trop le temps >< |
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Hachiiko
 | Sujet: Re: La poupée de porcelaine.[En cours] 24.03.11 20:58 | |
| Bon alors la longueur de ton "même pas chapitre" m'a totalement découragée, je lirai ça ce week end si j'ai la foi XD
Vu que tu as posté un début de fic, tu peux aller poster ta cadidature pour être un auteur ICI =) |
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lala-chan
 | Sujet: Re: La poupée de porcelaine.[En cours] 24.03.11 21:39 | |
| J'ai tout luuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu !!! Je suis fière de moi XD
Bon, c'est simple, j'ai a-do-ré . L'histoire est génial, et tu es plus doué que moi niveau description XD. D'ailleurs, tu es plus doué que moi tout court u_u. Si tu redis que ton histoire est nul ou quelque chose comme ça, je vais te faire souffrir.....
Seul truc : les paragraphes. Je les trouves trop long et ça me fait mal aux yeux à la fin ^^" |
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Yusuki
 | Sujet: Re: La poupée de porcelaine.[En cours] 24.03.11 21:54 | |
| Désolé de faire si long. Je me connais, quand je commence à écrire, je m'arrête plus. C'est vrai que c'est long, si vous voulez je raccourcirais à l'éssentiel. Mais merci de prendre du temps pour le lire m(_ _)m
Bravo Lala-chan o/ Tu sais lire ! (Bon ok, j'arrête XD) En tant que première lectrice à part moi (qui suis plus un lecteur qu'une lectrice d'ailleurs) je te félicite. Et puis merci beaucoup pour tout ces compliments. Ca me va droit au coeur. C'est marrant parce que je trouvais que je faisais de petits paragraphes XD Promis, à la relecture du second chapitre, j'aérerais
Et puis... Maieuuuuh ~ Si je veux dire que je suis mauvais je le dis non mais ~ (`ε´)
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lala-chan
 | Sujet: Re: La poupée de porcelaine.[En cours] 24.03.11 21:58 | |
| Bah, tu verrais mes fics, les paragraphes sont assez petits XD
Et de rien, j'aime beaucoup =3
Et tu es bon è_é
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Yusuki
 | Sujet: Re: La poupée de porcelaine.[En cours] 24.03.11 22:03 | |
| Maieuuuuh ~Arrête de me tenter à aller lire tes fics ! Je dois réviser bordel ! XD
(Je pense que ce soir je corrigerais le chapitre deux et le soumettrais (Oh oui, j'aime soumettre les choses). Si quelqu'un d'autre a le courage de lire ~ |
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lala-chan
 | Sujet: Re: La poupée de porcelaine.[En cours] 24.03.11 22:08 | |
| Mais désolé, je fais pas exprès T_T
Révise bien =3
Moi, j'en ai le courage è_é ! |
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Yusuki
 | Sujet: Re: La poupée de porcelaine.[En cours] 24.03.11 23:10 | |
| Chapitre deux : La croix noire. | Spoiler: | | | Raiting : Pas de restrictions particulières
- Un baiser ?! - Ouais, un simple baiser. Acquiesçai-je accompagné d’un signe de tête. - Un simple baiser, sans langue ? - Ouais - Alors excuse moi de te le demander mais… Où est le problème ?
Je posai mes deux avants bras sur la table du restaurant en m’avançant. Devant moi, mon meilleur ami, Shinji, ne semblait pas comprendre la gravité de la situation.
- Je crois que tu ne t’es jamais fait embrasser par un mec pour poser ce genre de questions. - Merde, c’est nul je suis d’accord, mais comme t’en parle on dirait qu’il t’a violé !
A coté de moi, Shigeru-kun ne loupait pas une miette de notre conversation mais restait muet, le nez plongé dans son plat, des nouilles au bouillon. Il relevât la tête et me regardât avant de se décider à participer à cette conversation.
- Shinji-san, vous ne semblez pas comprendre la détresse de Mine-san… - Ah, merci Shigeru. Lui il comprend que ce n’était pas une simple poignée de main.
Shinji levât les yeux au ciel avant de poser une cigarette sur ses lèvres en demandant au serveur un cendrier. Il avait été mon seul soutient à mon arrivée dans l’entreprise, à croire en mon potentiel d’architecte et je lui avais rendu la pareille en appuyant sa candidature au poste de directeur adjoint en convaincant mon équipe de le suivre. Nous pouvions parler de tout, surtout parce qu’il était de bon conseil et plus âgé que moi, j’avais appris à écouter les paroles de mes ainés. Mais cette fois il ne comprenait pas la hauteur de mon choc.
- T’es une femmelette Ken. - Bouffe et tais toi, je ne parlerais plus qu’à Shigeru-kun dorénavant.
Il tirât une bouffée de fumée de sa cigarette et la recrachât en ricanant.
- Il t’a dit qu’il t’aimait ? Oh merde, je savais pas que tu pourrais encore avoir du succès malgré ton âge. Envoie lui un mail, dit lui qu’il est bien gentil, il est mignon mais que t’es cent pourcent hétéro. - Tu rigole ? Rien que de parler de lui, j’en ai des frissons. - Vous devriez quand même clarifier la situation… Si ça se trouve il pense que vous avez aimé. Déclarât timidement Shigeru.
Je réfléchis en plantant mes baguettes dans mon plat de riz pour en ressortir une boulette immaculée. Comment pourrait-il croire que j’ai aimé l’embrasser ? Je suis resté bloqué et mon visage devait refléter mon désappointement. Quel crétin, c’était ce soir là que j’aurais dû lui faire comprendre, en le repoussant doucement, une frappe chirurgicale. J’enfouis ma tête dans mes mains. « Quelle putain de merde… Plus jamais je vais dans un bar » Déclarai-je comme une promesse à moi-même. Le réveil avait été difficile, avec l’alcool et ce souvenir, sur mes lèvres je pouvais même sentir les siennes parfois encore. Je n’avais rien pu dire à Yae, elle l’aurait mal pris, quand j’étais rentrée elle dormait à points fermés et des draps m’attendaient sur le canapé. J’avais compris… Le retour au boulot avait été difficile mais je n’avais attendu que la pause de midi que je passais toujours avec Shinji pour lui confier cette soirée étrange, par chance Shigeru s’était joint à nous cette fois pour entendre mon récit et me soutenais.
Je finis le plus rapidement possible mon bol de riz et mon porc pour penser à autre chose qu’à cette soirée désespérante. Shigeru se relevât et fit une révérence. « Désolé mais je dois retourner travailler, j’ai du retard » Puis il nous quittât. Shinji piochât dans le reste de son plat et pointât ses baguettes sur moi.
- De toute façon la meilleure chose à faire est oublier, je suis sûr qu’il allume tout les mecs comme ça, tout les soirs. - Tu pense ? - Bien sûr, il a vu un salary man, jeune, bien conservé et propre sur lui, ça devait le changer de ses vieux croulants. - Alors maintenant il pense plus à moi et je ne recevrai pas de mail ? - Non, ne t’inquiète pas. Je suis persuadé que c’est le genre à t’allumer et à te demander de payer le love hôtel, ses boissons etc, au final tu te retrouve avec une facture de plusieurs millions*.
Je ne crus pas à cette hypothèse. Je ne sus comment l’expliquer mais dans les yeux de Ludan j’avais vu, ce soir là qu’il aurait aimé rester un peu plus avec moi, sinon pourquoi m’aurait-il offert ce cocktail, le Gold Fish ? Il ne devait pas être donné, du champagne… Je secouai la tête mais donnai raison à mon ami.
- Si tu le dis. Le premier gay que je rencontre et voilà comment il se comporte… - La prochaine fois tu feras attention à tes arrières… - J’aimerais t’y voir.
Shinji n’attendis même pas la fin de ma phrase et se levât, essuyant les contours de ses lèvres avec une serviette à l’effigie de l’idole d’une de ses filles et déposât un billet de mille* sur la table. « Mes salutation à Yae, je dois retourner au boulot. » Dit-il avant de quitter à son tour le restaurant. Aussitôt, de l’autre coté du comptoir, un serveur se penchât et retirât ses plats vides en me demandant si je voulais de l’eau. Je répondis que non. Je finis rapidement mon repas avant de partir.
Tout le reste de l’après midi ne fut qu’une longue succession de travail, c’était tellement prenant que je ne pensai plus à rien, cette fois pourtant je regardai l’heure défiler sur l’écran de mon ordinateur. Je m’étais promis de rentrer tôt pour pouvoir parler à Yae et peut être même aller chercher Emi à l’école. Je m’en voulais d’être resté tard au bar la veille alors que ma femme avait manifestement besoin que je la réconforte et la soutienne. Alors je travaillai en pensant à elle, à notre couple si parfait.
Quand il fut six heures, j’allai pointer sans prévenir personne, comme la veille et descendis dans le parking. Mon vélo y était entreposé au milieu de tant d’autres. J’aurais aimé prendre une voiture, spécialement quand comme ce jour là il pleuvait, mais j’’étais ce qu’on appelait un « éco-citoyen » me débâtant en vain pour l’environnement. Alors, déposant ma sacoche dans le porte bagage je l’enfourchai et parcourus le trajet qui me séparait de mon appartement situé en périphérie de la ville.
Mon immeuble n’avait absolument rien de particulier, blanc, tous les appartements tournés vers l’extérieur pour limiter les rencontres entre les résidents et sur quelques étages. Mais il ne coutait pas si cher que ça pour un trois pièces. Une chambre, une cuisine, une salle de bain. Le soir, nous déplions le futon de la chambre et dormions à trois avec Emi, tous serrés pour se tenir chaud et se prouver notre amour. Quand je rentrais tard cependant, pour ne pas les déranger je dormais sur le canapé bas de la salle à manger en tatamis.
Ce soir là, comme tout les autres je quittai mes chaussures dans le hall et enfilai mes chaussons bleu, les deux autres étaient absents et avant que je ne puisse m’en rendre compte Emi courût vers moi en hurlant « Papa » et se collant dans mes jambes. Je faillis m’écrouler dans le hall mais me rattrapai aux murs. Je la pris sous les bras et la portai jusqu’à moi pour embrasser son front, elle sentait bon le chocolat. Son visage enfantin et rayonnant remontât instantanément mon moral et me fis oublier la soirée désagréable de la veille, Son nez était barbouillé de feutre rouge et ses cheveux fins et noir tous regroupés en queue de cheval sur le haut de son crâne, sa mère la coiffait toujours ainsi lorsqu’elle coloriait pour ne pas qu’elle s’en mette de partout. Je chassai de son visage ses quelques mèches rebelles et lui demandai comment s’était passé sa journée. Elle me racontât tout, comment sa maitresse lui avait appris à faire ci ou ça et comment elle avait réussit. Je passai ma main sur son front et le frottai pour la féliciter.
Elle me demandât de l’emmener au parc mais il faisait déjà nuit, ce week end lui promis-je alors elle retournât à la table de la pièce principale qu’elle avait noyé sous les feuilles de coloriage et s’emparât d’un feutre rouge. Je souris, attendri et la contournai pour m’avancer vers la cuisine. Là, Yae préparait un plat avec du taro et du porc. L’odeur se rependait dans tout l’appartement. Elle ne se retournât pas même si elle entendait clairement mes pas sur le sol. Je la pris par les hanches avant de déposer mon visage dans son cou à ma hauteur. - Ca sent bon. - Tu manges ici ? - Oui. - Je n’ai prévu un plat que pour deux.
Le ton de sa voix était terriblement sec, elle était encore en colère pour la veille. J’aurais espéré qu’elle eut tout oublié. J’haussai les épaules et reculât. « Nous devons parler non ? » « Tu as des choses intéressantes à dire ? ». Je respirai profondément. C’était toujours ainsi, toujours moi le fautif, c’était à moi de faire le premier pas et tout ceux qui suivraient. Je me retournai vers ma fille et fis quelques pas avant de m’accroupir à ses cotés. « Emi tu veux bien aller déplier le futon ? Papa et Maman doivent parler. » Elle se levât et s’exécutât refermant derrière elle la porte coulissante qui menait à la chambre et laissant tout ses coloriages sur la table. Je fis signe à Yae de me rejoindre. Elle quittât son tablier et vint s’asseoir à mes cotés.
- Je suis désolé pour hier, je comptais rentrer plus tôt mais j’ai eu des problèmes. - Quels genres de problèmes ? - J’ai été retenu par le travail mentis-je. - J’en ai assez de ces excuses Kenichi… - Je sais que ce n’est pas facile pour toi et Emi mais c’est pour vous que je le fais, pour vous assurer un train de vie à peu près acceptable.
Elle prit son visage entre ses petites mains frêles, consternée. A son majeur droit, se trouvait notre alliance, un anneau simple argenté. Symbole de notre amour, il y avait exactement dix ans. La passion s’était émoussée et il restait l’amour sincère et la tendresse, du moins, pour moi. Yae elle semblait ne pas comprendre les sentiments que je lui portais.
- S’il te plait Kenichi, pas cette excuse, dit-elle faiblement, tu sais très bien qu’Emi et moi préférerions vivre dans un taudis si seulement tu daignais nous accorder plus de temps. - Mais c’est mon devoir de- - Ton devoir d’homme ? Criât-elle m’interrompant. Et ton devoir de mari, de père ? Ne sois pas stupide !
Sa voix avait résonné dans tout l’appartement, même Emi avait dû entendre et devait se coller aux murs pour nous écouter et savoir pourquoi son père et sa mère se parlaient ainsi.
- Qui est stupide ? Yae, tu passe tes journées ici à t’occuper d’Emi, tu ne sais pas à quel point c’est dur de faire tout ça et de vous savoir à m’attendre tout en comprenant que pour subvenir à vos besoin je dois le faire.
Je repensai aux mots de ce garçon d’hier « le chevalier de l’ombre » maintenant je comprenais parfaitement, j’étais dans ce cas de figure.
- Kenichi, je suis lasse de t’attendre toute la journée, je suis lasse de ces disputes, je suis lasse de cette relation. - Tu aurais dû te marier à un rentier et pas à quelqu’un qui travaille pour obtenir son argent, désolé mais nous ne somme pas dans un monde merveilleux où il tombe du ciel. - Mais c’était toi que je voulais, maintenant je commence à regretter.
Ses paroles étaient dures, en était-elle consciente ou voulait elle seulement me faire souffrir ? Je l’aimais encore, comme un fou, au travail je ne pensais qu’à elle et à Emi, à cette équipe parfaite que nous formions, je n’avais qu’une hâte, rentrer.
- Comprends-tu à quel point je me sens seule ? A quel point Emi ne suffit pas à remplir ma vie ? Kenichi…
Elle me regardât avec un air implorant et finit sa longue tirade qui achevât de me briser.
- Je ne pensais pas te le dire, mais j’étouffe et… J’ai rencontré quelqu’un.
Une douche glacée, un frisson terrible parcourut toute ma colonne vertébrale. Ce devait être un cauchemar, c’en était un n’est-ce pas ? Ou une blague ? J’aurais tellement préféré.
- U-un homme ? Bégayai-je lamentablement. - Oui, Je ne savais pas vraiment comment te l’annoncer mais ça fait un moment déjà. - Combien de temps ? - Bientôt un an…
Elle eut l’air honteuse en voyant mon regard perdu, hagard, quoi qu’elle fasse maintenant, j’étais bel et bien brisé. Avait-elle conscience de ce qu’elle faisait ? Dix ans, dix ans de mariage qu’elle foulait du pied. Tout ça pour un homme, juste pour une personne elle allait tout foutre en l’air. Je voulus saisir son bras et la supplier mais quelque chose s’était brisé en moi. Etait-ce la confiance que je pouvais lui accorder ? L’amour que j’avais pour elle ? La tendresse que j’éprouvais en la regardant ? Ou tout ça en même temps ?
Quoi qu’elle fasse à présent j’aurais dans la bouche le goût amer de cette soirée et de cette déclaration. Je pensai à tout ce qui en découlait, cet homme, un an. Et je n’avais rien vu, suant au travail pour l’entretenir. Comment avais-je pu être si idiot ? Je n’eus même pas envie de poser davantage de questions. Je voulais juste être seul pour digérer ça, comme un homme, comprendre, me calmer.
- Je te l’avais dis…Que quelque chose n’allait pas. Tu aurais dû m’écouter. - De ma faute encore et toujours ! Comment-suis-je sensé accepter ça ? Tu me trompe depuis un an et c’est de ma faute ? Yae ! Tu as conscience de la connerie que tu me dis là ? Est-ce que tu es uniquement capable de me rabaisser ou est-ce que ton cerveau est branché sur quelque chose d’autre ? Hurlai-je, hors de moi.
Elle mordit sa lèvre et voulut pleurer mais se retint, elle se décalât de la table avant de ses relever.
- Je préparerais les papiers du divorce. - Je n’ai pas mon mot à dire là-dessus ? - Est-ce que tu veux rester toute ta vie marié à une femme qui te trompe ? Je ne compte pas arrêter de voir cet homme pour une ombre telle que toi.
Comment ses mots pouvaient-ils si cruels, de la méchanceté gratuite voilà ce que c’était. Elle voulait me blesser, pour me faire réagir, pourtant, rien que j’aurais pu dire ou faire n’aurait changé la donne. Cela faisait bien longtemps qu’elle voulait divorcer, pour se libérer, cesser de penser à moi qui lui manquait ainsi. Peut être pensait elle que j’avais aussi une maitresse. Si elle savait à quel point c’était faux, il n’y avait qu’elle malgré cet aveu. Mais le sentiment qui me dominât ne fût pas l’amour mais la haine. J’attrapai son bras et la tirât vers moi, essayant de la contenir tant que possible.
- Dis-moi que tout ça est faux. - Ce n’est pas le cas et je ne compte plus te mentir.
Je ne voulais plus voir son visage, celui que j’avais tant aimé, celui qui m’avait réconforté et aidé à avancé, je la tirai davantage, manquant de la faire chuter sur la table. - Dégage. Mes mots s’articulaient péniblement, engourdis par le désespoir. Cet appartement m’appartiens, je ne veux plus t’y voir.
Elle se relevât en se dégageant de mon emprise et me regardât de haut. « Alors c’est comme ça ? » devait elle penser, elle hochât la tête et partit chercher son sac et sa veste. « Parfait » déclarât-elle avant de continuer. « Je vais chez ma mère, nous reparlerons de tout ça »
Peut être était-ce la meilleure solution, de se séparer quelque temps, peut être changerait-elle de point de vue et se rendra compte que je ne voulais que son bonheur. Je n’arrivais pourtant pas à voir une lueur d’espoir dans ce lourd brouillard noir. Lorsque je rouvris un œil, la pièce plongée dans le noir était irisée de trainées de couleur blanches et orange. Je tentai de me réveiller mais mon crâne me fit infiniment souffrir. Je le pris entre mes mains en décollant mon visage de la table basse du salon. De nombreuses canettes de bière et une bouteille de whisky la jonchaient. Je compris alors ce qu’avait été ma soirée et pourquoi ce mal de tête. Emi, elle me revint en mémoire brusquement accentuant la douleur. Je me levai rapidement et, titubant m’accoudai aux murs avant de faire coulisser celui de la chambre. Elle dormait là, paisiblement, sur ce futon où nous étions trois habituellement. Je regardai son visage apaisé, elle ne devait rien comprendre et j’avais dû la coucher la veille sans vraiment y faire attention, essayant de taire ses questions génantes. Après, j’étais sans doute descendu au combini acheter tout cet alcool pour oublier. Je me laissai retomber au sol. Keinichi, trente deux ans, désespéré et alcoolique comme un ado de quatorze ans. J’étais juste fatigué, qu’on me laisse me reposer, qu’on me laisse panser mes plaies.
Je fus à nouveau réveillé par ces éclairs de lumière oranges et bleus. Alors je levai mon visage et le callai contre le mur. Mon portable, posé sur la table, avait reçu un mail. C’était loin d’être ma préoccupation principale mais je voulais parler, oublier, communiquer. Je pensai un instant à appeler Shinji mais oubliai bien rapidement. Quelle heure était-il ? Il ne serait pas réveillé en pleine nuit. Alors je me décidai à me relever pour lire ce mail. J’allumai mon téléphone d’une pression, c’était un tactile dernière génération, et ouvris le message. Mon cœur rattât un battement en lisant le nom de l’expéditeur.
« Bonsoir, c’est Ludan. Je ne sais pas si actuellement vous voulez vous rappeler de moi… Je suis désolé pour ce que j’ai fais hier. Ne peut-on pas juste oublier ? Ou dites-vous que j’étais saoul ! Je vous promet que si vous me pardonnez et qu’on peux se revoir à nouveau je ne tenterais rien. (・∀・) »
Son mail se terminait ainsi. Je verrouillai le clavier du portable avant de le poser contre mon front en fermant les yeux. Merde, pourquoi avais-je envie de le pardonner ? Ce n’était qu’un enfant, il ne devait pas avoir compris le monde des adultes. Je voulais lui renvoyer un mail, lui dire que c’était bon et simplement éviter de le revoir à nouveau. Cependant je n’en eus pas la force et laissât retomber le portable au sol et me rendormis doucement, somnolant, accoudé contre le mur. Au moment où j’étais prêt à sombrer à nouveau dans le sommeil un nouveau mail arrivât, faisant raisonner la petite musique de mon portable dans toute la pièce. Je me jetai dessus pour l’éteindre de peur de réveiller Emi. C’était encore Ludan, je l’ouvris à son tour.
« Je viens tout juste de finir le travail. \(ご∇ご)/ Aujourd’hui a été une soirée plus dure que les autres. Je ne sais pas pourquoi les clients ont étés plus exigeants. ?(・_・; ? Je n’ai pas eu l’occasion de refaire un Gold Fish ce soir… Je me demande si je pourrais en resservir un jour. Etait-il si bon que ça ? La rue est si calme, ça change d’ambiance. Je vais rentrer et travailler encore sur mes cocktails pour devenir meilleur et pour que la prochaine fois que je vous en servirai un vous me dissiez que j’ai progressé. (`へ´)
Fighting Ludan ! \(`o´) »
Je ne pus m’empêcher de sourire. J’avais aimé recevoir un mail si peu sérieux, si détendu. Il m’avait raconté sa soirée, comme ça, simplement, comme si rien ne s’était passé. Peut être avais-je besoin de ça pour apprécier de nouveau de discuter avec lui. Je dépliai mon portable pour lui envoyer une réponse.
« Le Gold Fish était vraiment très bon. Quand je ferme les yeux je peux encore sentir son goût. Le sakura ? C’est bientôt la floraison des cerisiers, je me demande quand ce sera exactement…
Je ne peux pas vraiment te dire de faire attention sans que tu ne te fasses d’espoir n’est-ce pas ? Alors contente-toi de bien regarder devant toi dans la rue. Beaucoup dormir aide le cerveau à mieux assimiler les connaissances. »
Parler d’autre chose me fit du bien, inexplicablement, le sourire revint presque sur mon visage. Je ne voulais pas lui donner de faux espoir mais discuter avec lui, simplement par emails interposés était agréable. Comme il était jeune, il n’était pas confronté aux problèmes des adultes comme moi, être marié, avoir des enfants, parfois je regrettais de ne pas avoir profité de ma jeunesse. Ce n’était pas comme si avec lui je la retrouvais, mais imaginer sa vie me faisait sourire, comme si je regardais un film avec un personnage principal attachant. Sa réponse ne se fit pas attendre.
« Cette année serait la première où je pourrais voir la floraison des cerisier. J’imagine que c’est tellement beau qu’on ne peux même pas le décrire avec des mots. w(゜o゜)w Je veux en voir, je veux en voir, je veux en voir ! (`ε´) Sentir leur goût ne suffit plus vous ne pensez pas ? Si je vais dormir maintenant, quand apprendrais-je mes cocktails ? Et puis, mon colocataire n’est pas à la maison cette nuit non plus. Si je me contente d’apprendre tout seul est-ce que ça marchera quand même ? φ(.. ) Je prendrais soin de moi à une condition, que vous me laissiez vous dire que vous me manquez. ☆ »
Je relis son mail une fois encore, quelle audace, ce gamin. J’étais agacé et ne pouvais m’empêcher de sourire en pensant à sa phrase. Je lui manquais ? Il était bien la seule personne sur terre à le penser. Pour Yae j’étais devenu indésirable et pour Emi son père était mort. Quelle vie désespérante. Lui vivait libre, comment aurait-il pu s’amouracher d’un vieux triste comme moi. Je passai ma main sur mon visage. Naïvement, échanger des mails ne suffisait pas, j’avais envie de discuter, normalement, d’homme à homme, comme avec Shinji. Je repris mon téléphone et écrivit un énième mail.
« Les cerisiers sont superbes, leurs fleurs n’ont nul autre pareil, mais sais-tu pourquoi ils sont encore plus impressionnants qu’on le dit ? Parce qu’ils arrivent à fasciner une population entière. Lors d’un mois on ne parle plus que d’eux. Je n’arrive pas à dormir. Combien coûte la location d’un barman à domicile après son travail ? Combien pour l’entendre réviser ses cocktails ? »
Je ne revenais même pas de ma propre audace. C’était jouer avec le feu, je le savais bien mais de toute façon, je n’aurais jamais de sentiments pour lui et il m’avait juré de ne jamais recommencer. Je voulais juste parler, comme un égoïste, je voulais l’utiliser sans rien lui donner en échange. Je soupirai, je n’étais pas en état de penser, l’alcool tapait encore au fond de mon crâne. Je reçu sa réponse peu après.
« Les cerisiers n’ont de beaux que leurs fleurs. Leurs troncs, leurs fruits et leurs feuilles sont médiocres visuellement parlant. Ce qui prouve que si on arrive à focaliser l’attention de quelqu’un sur un détail de notre personnalité ou de notre physique, on peut l’amener à penser ce qu’on veut. (`へ´) Finalement les cerisiers sont décevant n’est-ce pas ? Je ne veux plus aller les voir ! (´o`) Les tarifs d’un barman varient, certains exigent plus, d’autre moins. Mes parents m’ont toujours dit que je n’étais pas assez exigeant avec moi-même. Est-ce mal ? »
Je souris en lui envoyant le plan pour accéder à mon immeuble accompagné d’un message « La modestie est le premier pas vers l’excellence ». Etrangement, je ne regrettai pas de l’avoir invité. C’était un sentiment étrange de plénitude qui accompagnait mon mail. Etait-ce encore l’alcool qui me faisait réagir ainsi ? Je devais prendre quelque chose pour mon mal de crâne, si ça devait empirer…
Alors, posant ma main contre le mur je me relevai avec peine, avais-je vraiment été aussi saoul un jour ? Dans ma jeunesse ? Je passais mon temps à étudier… Comment savais-je ce dont j’avais besoin ? Peut être l’avais-je lu ou était-ce Shinji qui me l’avais dit. Je fis quelques pas jusqu’à la salle de bain. Elle était traditionnelle, entièrement recouverte de carrelage fin blanc, le fond de la pièce était occupé par une baignoire immense dans laquelle nous aimions nous prélasser avec Yae. Nous avions fait l’amour dedans un nombre incalculable de fois. Mais maintenant tout est fini n’est-ce pas ? C’est un autre homme qui peut la tenir dans ses bras. Je serrai mon crane entre mes mains. Arrêtera-il de me lancer ? Je me tournai vers une boite hermétique au sol, sous le tabouret que nous utilisions pour laver Emi et en sortis une petite bouteille de boisson anti « Geulle de bois » qu’on avait acheté il y a longtemps par précaution. Je tournai le bouchon en m’assaillant sur le tabouret et en posant ma tête contre le mur je l’avalai d’un trait. Son goût amer manquât de me faire régurgiter. Je la refermai, vide et la lançât à travers la pièce. Merde, je ne voulais plus de cette vie minable, quoi que je fasse, Yae ne quitait pas mon esprit, elle le hantait, personne ne pourrait jamais la remplacer. Ses mots si durs… Les pensait-elle seulement ? Malgré tout mes efforts pour ne pas y penser, elle restait toujours là, à coté de moi, plantant ses ongles dans mon cou jusqu’à l’engourdir. Elle s’accrochait à moi, me faisant souffrir, toujours plus, toujours plus.
Doucement, petit à petit, je sentais mes yeux se fermer, peut être pourrais-je trouver le sommeil et reposer mon âme ? « Quelle femmelette » J’ouvris alors doucement les yeux avant d’entrevoir quelqu’un devant moi, accroupis au sol. En commençant à apercevoir le bout de ses mèches blondes lisses je me réveillai instantanément et reculai d’un sursaut sur le tabouret, piqué au vif. Ludan venait de me parler et se tenait en face de moi, habillé comme la veille, me regardait-il dormir ? Je voulus bégayer quelque chose mais rien ne vins, alors, il se répétât. « Quelle femmelette, quelle utilité de se sentir si mal pour elle ? » Une fois de plus j’allais répondre que c’était l’unique amour de ma vie, qu’Emi était notre enfant, qu’on était une famille parfaite mais rien ne franchis le seuil de mes lèvres. Il continuait de m’observer avec cet air suffisant et étrange que je n’avais jamais vu sur son visage. Que ce passait-il ? La porte avait-elle été laissée ouverte par Yae ? Etait-je saoul au point de ne plus rien comprendre ? Comme je ne répondis pas il posât ses coudes sur mes genoux avant de nicher son visage au creux de ses mains, à quelques centimètres du miens, je voulu reculer mais tout comme je ne pouvais pas parler, je ne pouvais bouger. « Pleurer pour une femme n’est pas utile, les hommes sont biens mieux » Dit-il en me fixant avec un air malicieux. Etait-ce vraiment lui ? Celui qui m’avait écrit tout ces messages si naturels et enjoués ? Celui-ci ne me donnai qu’envie de vomir. Je pus enfin bouger et attrapât son bras gauche pour le repousser mais il anticipât mon geste et attrapât l’arrière de mon crâne, poussant mon visage contre le sien. Nos fronts et nez se touchaient lorsqu’il dit en me regardant dans les yeux. « Être si sensible, est-ce une confession ? Tu deviens semblable à moi à présent. »
J’eus un brusque sursaut et étouffai un cri de terreur. Autour de moi, dans la pièce blanche immaculée, personne, je me relevai rapidement et le cherchai dans chaque recoin. Il n’était pas là, j’étais en sueur. « Merde, c’était un putain de rêve » dis-je simplement, cherchant à cacher à moi-même la terreur que j’avais eu. Je replaçai le tabouret à coté de la baignoire avant de détendre mon dos qui me faisait terriblement souffrir. Maintenant il vient me hanter jusque dans mes rêves, je commençais à regretter de l’avoir inviter avant de me raisonner.
Ce gamin, il ne ressemblait pas à ce type dans mon cauchemar, d’aucune façon. La sonnerie de la porte d’entrée ne me laissât aucun répit, alors excédé, je courus jusqu’à celle-ci et l’ouvrit rapidement en lâchant un petit « Ouais ? » désagréable. De l’autre coté, Ludan évitât la porte dans un reflexe et se collât à la barrière derrière lui avec un air étonné. J’avais oublié l’avoir invité l’espace d’un instant et me ravisai rapidement. Merde, me prendrait-il pour un fou ? Je l’observai rapidement, il ne portait pas son uniforme de la veille, c’était bel et bien un rêve. Il semblait s’être habillé à la va vite, un long pull troué d’un style un peu punk recouvrait son uniforme et il avait changé de pantalon pour un cintré en tartan gris. J’étais un peu impressionné par son style de tout les jours, je l’aurais imaginé plus passe partout, à tel point que je dis rien, me contentant de l’observer. Alors il rit, ne comprenant pas et se décollât de la barrière pour avancer vers moi. Il me tendit un sac en plastique blanc. « Je suis passé au Combini et comme je savais pas ce que vous buviez j’ai pris de la bière. Comme j’avais faim j’ai pris aussi des sucreries, je ne mange que ça. » Il me contournât et pénétrât dans le hall d’entrée. Là il défit ses rangers et enfilât les chaussons pour les invités. Je me décidai à bouger à mon tour, refermant la porte et nous retrouvant tout deux dans le hall.
Même si notre proximité n’était pas flagrante, après mon rêve, je fus gêné alors qu’il ne remarquât rien, accroupis pour ranger ses chaussures comme il le fallait. Ses cheveux blonds retombaient sur son visage comme au bar. Alors, de son sac il sortit de petites pinces plates noires et attachât sa mèche au sommet de son crâne avant de se relever. Son sourire était naturel, comme s’il allait chez un ami de son âge. C’était étrange, je n’étais pas habitué à recevoir chez moi. Alors je lui indiquai d’un signe de bras le salon pour qu’il puisse y pénétrer.
En entrant dans la pièce à mon tour, je fus pétrifié de honte. J’avais laissé, sur la table, au sol et sur le canapé toutes les canettes de bière que j’avais bu dans la soirée. J’allai me ruer sur tout ça pour le faire disparaitre mais il me devançât et s’assit à la table en tailleur. Il poussât les canettes vides et y déposât de nouvelles, pleines en les sortants de son sac.
- Je m’inquiétais pour la bière mais ça a l’air d’aller !
J’étais confus, honteux de ma soirée et tout sentiment de gêne par rapport à sa présence s’évanouit au profit de celle liée à ce spectacle navrant.
- Je suis désolé, ce n’est pas rangé et-
- Ce n’est pas grave, mon colocataire fait pareil. Dit-il en continuant à déballer son sac de courses, sortant un nombre incroyable de canettes.
- C’est pour ça que tu as pris tant de bière ?
Il regardât ses achats avec un air étonné et rivât à nouveau ses yeux sur moi.
- Vraiment ? Ca fait beaucoup ? Je n’ai plus l’habitude des consommations normales avec lui. - Il boit souvent ? - Tout les soirs où il est là.
J’hochai la tête. Il disait ça sans faire attention en déballant ses achats mais je sentis qu’au fond cette situation lui pesait et à vrai dire, je n’avais pas envie de parler de choses tristes, ma soirée l’avait déjà assez été. Il avait acheté sept canettes de bière, espérait-il sincèrement qu’on allait arriver à tout boire ?
- Tu bois beaucoup j’espère ? Lui demandai-je en saisissant la première canette que je me forcerais à finir pour donner le change. - Moi ? Non, je ne bois pas.
Je manquai de recracher la bière que je tenais dans la bouche. Alors il espérait sérieusement que je puisse boire tout ça… Tout seul ? Il sortit calmement de son paquet son repas. Une canette de chocolat au lait, un gâteau blanc crémeux et un paquet de sucreries. Je fronçai les sourcils.
- Tu n’espère pas sérieusement que je puisse boire tout ça ? - C’est trop ? - Beaucoup trop !
« Ah » dit-il avec un air sincèrement désolé, il rangeât la moitié des canettes dans le réfrigérateur derrière lui avant de me faire face à nouveau.
- Buvez s’il vous plait ! - Merci… Être barman et ne pas boire d’alcool n’est pas handicapant ? - Je peux boire, mais je n’aime pas ça et puis… Je deviens saoul rapidement.
Je ne voulais pas savoir ce dont il était capable une fois alcoolisé. J’avais beau lui avoir pardonné, j’avais toujours un peu peur d’avoir à nouveau affaire à une de ses pulsion de m’embrasser. Je sursautais à chaque fois qu’il se penchait pour attraper quelque chose de mon coté de la table basse mais il ne faisait pas attention. Il semblait très heureux d’être ici et plantât une petite fourchette à gâteau dans sa part blanche et la portât à ses lèvres. Il sourit alors avant de poser ses mains sur ses joues « Trop bon ! » ajoutât-il et il en reprit une bouchée en souriant toujours autant.
Je penchai doucement la tête pour apercevoir son style vestimentaire qui m’avait tant surpris. Son pantalon en tartan gris était accommodé d’une grosse chaine et d’une « queue » en fourrure qui trainait maintenant par terre. Son haut était troué au niveau des mains et il passait son pouce dans un de ceux-ci pour s’en faire des mitaines. A son cou pendait deux chaines sans pendentif, ce détail m’étonnât mais je n’y fis pas attention, décidant de rapidement retourner à ma place pour ne pas qu’il comprenne ce que j’étais en train de faire. Ce n’était qu’un gosse, avec un style immature, mais sans vraiment comprendre, je trouvai que ça lui allait bien. Il remontât ses lunettes avec un doigt négligemment et continuât à manger avec toujours plus d’entrain. Quand il remarquât que je m’étais arrêté il fit de même.
- Vous n’avez pas soif ? - Autant de bière, c’est peut être un peu beaucoup. Et toi, comment tu peux manger autant et être si mince ? - Je ne mange pas souvent, mais quand je le fais, mon estomac devient un puits sans fond !
Je souris avant de me relever et de partir chercher un reste de gâteau que Yae avait fait. Je le déposai devant lui et retournai m’asseoir. Il eut l’air réellement heureux. Je souris malgré moi. Cette soirée avait été éprouvante, harassante et je laissai échapper un soupir de lassitude. Il sautât sur l’occasion pour en demander un peu plus sur moi.
- Vous avez l’air fatigué. Votre femme et votre fille ne sont pas là ? - Ma fille, Emi, dors à coté.
Il comprit que Yae était absente et que ce n’était pas un sujet sur lequel j’aurais apprécié m’appesantir. Il prit alors un air désolé.
- Hum, j’espère que je n’ai pas parlé trop fort. - Non, ne t’inquiète pas. Elle a un sommeil de plomb. Je souris tristement avant de boire une nouvelle gorgée de bière.
Il repoussât une part du gâteau qu’il avait acheté et la remballât. - Je n’ai pas touché à celle là, donnez la à Emi s’il vous plait. - Elle sera reconnaissante, elle adore les sucreries.
Il sourit et changeât de conversation.
- Comment va le chevalier de l’ombre ?
Je fus surpris et ne sus pas vraiment quoi répondre.
- Eh bien, il se pose pas mal de questions sur son rôle. A-t-il choisit la bonne solution ? - Je peux parler franchement ? - Bien sûr, entre deux hommes.
- Je pense qu’il a tord, j’imagine que sa famille veut le voir plus qu’elle ne veut avoir de l’argent. Mais, s’il n’en gagne pas assez elle lui reprochera. Alors, j’imagine qu’il est bloqué et que d’une façon ou d’une autre sa position est mauvaise.
J’hochai la tête en repensant à ses phrases. Malgré son jeune âge, peut être avait-il raison. Et si l’échec de ce mariage tenait tant à elle qu’à moi. Pour une fois depuis le début de la soirée, la culpabilité qui pesait sur moi s’allégeât un peu, mon cœur fût plus léger. Alors je bus une gorgée de bière de plus. Nous restâmes à discuter pendant encore quelques heures.
Vers six heures du matin il dû rentrer chez lui et moi réveiller Emi. Elle mit du temps à émerger, nos conversations de la nuit l’avaient bercée et elle n’avait même pas entendu sa mère partir. Je n’osai pas lui dire la vérité, pour elle, elle était partie en vacance, elle ne reviendrait que plus tard. J’avais dû l’habiller, lui préparer le petit déjeuner avant de me rendre compte que la part de gâteau qu’avait laissé Ludan pour elle était dans le réfrigérateur. Je l’avais sortie et lui avais présenté avec un chocolat chaud. Elle avait rarement été si heureuse de manger, n’en faisant qu’une bouchée. Une fois encore je lui mentis pour ne pas trop l’inquiéter de cet homme venu dans la nuit et repartit ensuite. Une fois prête, je l’avais assise sur mon vélo et l’avais amené à son école avant de moi-même partir au travail, tentant tant bien que mal de me tenir éveillé.
Quelques jours plus tard Yae revint à la maison, seulement, elle tenait entre ses mains les papiers du divorce. Alors tout était bel et bien fini ? Les mois passèrent et bientôt une croix noire s’inscrit sur ma carte d’identité**.
* Nous parlons ici en Yen, il ne s’agit pas de millions d’euros !!! ** Les divorcés au Japon sont signalés par une croix rouge sur leur carte d’identité. |
Désolé, chapitre deux ici parce que plus de place sur l'article du haut, je commence à comprendre quand on me dis que j'écris trop m(_ _)m |
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lala-chan
 | Sujet: Re: La poupée de porcelaine.[En cours] 25.03.11 6:20 | |
| J'ai encore beaucoup aimée ^^. Je trouve l'histoire assez captivante =3. Et puis les paragraphes sont moins long, merci d'avoir eu pitié de mes yeux XD. D'ailleurs, c'est moi ou le chapitre est plus court ^^ ?
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Yusuki
 | Sujet: Re: La poupée de porcelaine.[En cours] 25.03.11 10:45 | |
| Ha ha ha
Mais comment tu fais pour être si observatrice ? XD
Oui, j'ai eut pitié de tes pitits yeux, j'ai appris à sauter des lignes entre temps ! \(ご∇ご)/ (Congratulation to me)
Sinon, oui le chapitre est un petit peu plus petit d'une 2 000ène de mots. (Je compte en nombre de mots, réflexe des vieux contrôles d'anglais où on devait faire 600 mots) Le prochain sera un peu plus grand, mais moins que le premier
J'espère encore une fois que ce n'est pas trop long m(_ _)m et merci de ces compliments qui m'encouragent ! |
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Suki-chan
 | Sujet: Re: La poupée de porcelaine.[En cours] 25.03.11 14:13 | |
| J'ai toouuuut lu xD C'était long mais c'est cool quand c'est long xD J'aime quand il y a plein de truc à lire xD
Je lis pas souvent des fics avec des perso originaux mais c'est plaisant. J'aime bien l'ambiance en tout cas. J'ai hate de voir comment tout ça va évoluer =)
Je suis pas là du weekend, je suppose que j'aurais de la lecture en rentrant *O*
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Yusuki
 | Sujet: Re: La poupée de porcelaine.[En cours] 25.03.11 14:39 | |
| Merci Suki-chan (^っ^)/ Personellement, je suis aussi du genre à aimer beaucoup lire, mais faut que je me mette dans mon coin, tout seule et que je fasse que ça, sinon après, mon esprit s'embrouille et je sais plus du tout ce que j'ai lu (j'ai la capacité de concentration d'un poulpe) Bon, avant de partir en cours je vous poste la suite pour qui veux !!! Chapitre 3. Le deuil Rating : +12 | Spoiler: | | | - Dites, le dossier pour la construction de la barre d’immeuble de Nakano, il est bientôt prêt ? - Oui chef ! Nous répondîmes tous en cœur. - Très bien, je contacterais les architectes alors.
Nous fîmes une révérence polie avant de regarder notre patron se retourner dans son bureau. Une fois partit, la pression retombât. Je m’assis dans mon siège avant de rallumer mon PC. Mes collègues firent de même, au fond du bureau je vis Shigeru-kun s’organiser avec ses papiers débordant toujours sur son plan de travail. Je soupirai en regardant l’heure. Il était tard, encore une fois je resterais à travailler, parce que mon entreprise l’exige, pour son bien.
Sur mon écran défilât une montagne d’information, des devis principalement que je devais transmettre ça et là. Je soupirai, en quoi mes études d’architecte étaient nécessaires pour faire ça ? Même un gamin y arriverait ! Mais je ne devais pas m’énerver, un jour, j’en étais persuadé, mon heure viendrait. Je pris une gorgée de café, j’en aurais besoin.
Je pensai à Emi pour me donner du courage, ce soir elle était chez sa mère qui lui ferait sûrement un bon repas. J’étais rassuré quand elle s’en occupait. Alors je pus me consacrer uniquement à mon travail. Au dessus de mon bureau trainait mon portable, noir, long, basique, je m’efforçai de ne pas le regarder pour ne pas être tenté de me distraire. Depuis quelques temps, depuis mon divorce en fait, j’étais devenu beaucoup plus dissipé au travail. N’ayant plus de but concret que de payer la pension alimentaire et les traites de mon appartement je n’avais plus vraiment la foi dans ce job. Même si tout le monde autour de moi s’activait pour le bien de l’entreprise, je ne pouvais m’empêcher de penser qu’elle était un des maillons de l’échec de mon mariage.
Quelques heures plus tard je pus enfin sortir, bien plus tôt qu’avant, juste assez pour me rendre compte du vide complet qu’était ma vie. J’envoyai un mail à Shinji « Allons boire ce soir » pour se retrouver comme avant mais il me répondit qu’il ne pouvait pas, ce soir il faisait une ronde volontaire dans son quartier. Je soupirai avant de prendre mon vélo pour me rendre dans mon nouvel appartement.
J’avais troqué mon superbe trois pièce contre une chambre d’étudiant médiocre. Certes, maintenant je gagnais plus d’argent car j’en avais moins à dépenser, mais l’idée de me retrouver dans un appartement trop grand pour moi, qui laisse apparaitre le vide autour de moi me terrifiait. Un lit, une cuisine et une salle de bain se confondaient dans un deux pièces plus que banal. Mais je ne pouvais plus voir ces murs remplis de mon histoire avec Yae. Combien de temps cela faisait-il ? J’y pensai en enlevant mes chaussures sur le pas de la porte et regardât le calendrier que j’y avais fixé. Un an, un peu plus que nous avions signé ces papiers. J’avais de plus en plus de mal à m’y faire. Ce vide, cette solitude se creusait chaque jour un peu plus autour de moi. J’aurais pu chercher à rencontrer une nouvelle femme mais rien n’y faisait, quoi que je fasse elles ne me plaisaient pas et souffraient toujours de la comparaison avec Yae. Moins belles, moins souriantes, moins drôles. Peut être n’avais-je tout simplement pas envie de trouver, de la remplacer et de me dire que c’était bel et bien fini.
Je m’engouffrai dans la cuisine et en sortis une boite de Yakisobas* instantanés. J’allumai la TV dans la chambre qui me servait également de séjour et allai me réfugier sous le Kotatsu. Nous avions beau être au printemps, l’air restait froid à Tokyo. Le silence, l’obscurité, je ne pouvais plus les supporter, seule la TV pouvait briser ces moments de dépression.
Après avoir mangé rapidement en regardant les informations je décidai d’aller me coucher. Mes journées étaient toutes ainsi, se lever pour aller travailler, travailler, rentrer du travail et dormir. C’était désespérant. Je pris rapidement une douche et enfilai mon pyjama, un débardeur et un pantalon large, pour aller m’enfouir, seul, sous la couette.
Lorsque je me réveillai le lendemain, je n’eus d’autre envie que de rester couché. Je regardai le plafond au dessus de moi. J’étais en journée de congés. Qu’étais-je sensé faire ? Ce week end, c’était Yae qui gardait Emi. Je le savais, mon état était proche de la dépression mais je ne pouvais rien faire à part continuer d’avancer, que cette voix soit la bonne ou non. Je me redressai. Combien de temps cela faisait-il que j’étais seul dans ce lit ? J’allai me préparer un café en allumant mon portable. Que pourrais-je bien trouver pour occuper cette journée ? J’envoyai à nouveau un message à Shinji qui me répondit à nouveau par la négative. Je lui en voulu, sans raison, il avait sa vie, nous étions tout deux des adultes mais je ne voulais pas le comprendre. Alors je pris une douche et en ressortant je vis que j’avais un mail. J’ouvris mon téléphone et le lis à haute voix comme pour me sentir moins seul.
« Je ne sais pas trop si je peux le dire à Mine-san… (`ε´) Seulement… Aujourd’hui ça fait un an que nous nous sommes rencontrés ! \(ご∇ご)/ Je suis heureux que Mine-san ne se soit pas lassé de moi. Peut-on dire maintenant que nous sommes amis ? Mine-san est surement un peu trop mature pour entendre ce genre de phrases. (-_-メ) Profitez bien de votre journée !!! »
Ludan… Je ne pus m’empêcher de sourire bêtement. Alors cela faisait vraiment un an ? Un an que tout a commencé à dégénérer, un an que j’avais bu son cocktail si bon, Golden Fish. Depuis ces quelques jours nous nous revoyions régulièrement. A peu près deux fois par mois. Je l’aidais à réviser principalement et il m’écoutait me plaindre de mes problèmes. Maintenant que j’y pense, s’il avait toujours, comme il le prétendait des sentiments pour moi, ce ne devait pas être des moments particulièrement agréables. Je pensais qu’il s’était rendu à l’évidence, qu’il comprendrait que je n’aimais que les femmes. Et s’il en avait été une me demandai-je alors ? Peut être alors que j’aurais répondu à ses avances. Il était intéressant, dynamique et un sourire toujours particulièrement heureux. Je me ressaisis, c’était un homme. Je ne pourrais jamais m’empêcher de penser à ça. J’eus envie de le voir, occuper ma journée ainsi. Ce n’était pas mon genre, d’ordinaire c’était toujours lui qui proposait des rendez vous…
« Ce n’est pas vraiment correct de compter les jours depuis sa rencontre avec un ami ! Mais j’imagine que comme c’est toi je peux le supporter. Faudrait-il qu’on fête ça ? Est-tu libre cette après midi ? Il y a une pâtisserie qui ne compte pas encore Ludan-kun parmi ses clients réguliers. » Je me relevai sans attendre sa réponse et fini mon petit déjeuner, un bol de riz et une autre tasse de café. Je ne tardai pas à recevoir un autre mail.
« Ces derniers jours, je suis malade. J’aurais adoré gouter des pâtisseries avec Mine-san… (´o`) »
Une faible douleur enserrât ma poitrine. Je ne compris pas et restai un temps, le téléphone dans une main, l’autre pressée contre mon cœur. Qu’était-ce ? Des regrets, de la tristesse ou bien… De l’inquiétude ? Surement un mélange de tous ces sentiments. Pourquoi éprouvai-je cela ? C’était un ami, juste un gamin, je pouvais très bien me passer de le voir. Je pensais sincèrement tout ça, pourtant, petit à petit, il s’était imissé dans ma vie. Maintenant, je pensais souvent à lui. Je repris mes esprits et calmai ma langueur, regardant ma main je me persuadai « Je pense qu’il est comme un petit frère pour moi ». Alors, comme guidé uniquement par mon instinct je lui envoyai un mail rapide, composé en quelques secondes. « Tu es chez toi ? » et n’attendis même pas la réponse. Je pris ma veste rapidement, d’une main et sortis de mon appartement en vitesse. Je jetai un coup d’œil à ma montre, il était dix heures passé. J’enfourchai mon vélo et posai ma veste dans le porte bagage. Il faisait chaud, bientôt le printemps laisserait sa place à l’été. Sans vraiment me soucier de tout cela je commençai à pédaler. Plus rien d’autre n’importait. Je m’arrêtai dans une pâtisserie au bord d’un embranchement vers le port. C’était la préférée de Ludan parce qu’à cette époque de l’année ils faisaient des pâtisseries au Sakura. J’en pris alors une, la plus jolie de la vitrine. Un petit gâteau blanc et rose, recouvert de glaçage, sur deux étages. Je le fis mettre dans un petit paquet que je posai dans mon porte bagage avant de repartir en direction du centre ville.
Il habitait un petit appartement au rez de jardin d’un immeuble tout ce qu’il y avait de plus normal. Comme le miens, l’entrée se faisait par l’extérieur sauf pour les premiers étages. En mettant le pied dans le hall, je ne pus me demander pourquoi j’étais venu au juste. Je voulais le voir, cette idée avait rempli ma tête de bons souvenirs et je voulais en créer de nouveau. Egoïstement, je m’étais empressé de venir chez lui avec un prétexte idiot. « Voir si tout allait bien pour lui » même moi je n’y croyais pas, alors lui… J’haussai les épaules en soupirant. Je n’étais jamais allé chez lui, ce sera l’occasion ou jamais me disais-je, de découvrir comment il vivait. Je pris mon courage à deux main et sonnai à l’appartement dont il m’avait laissé le numéro. Je n’avais pas trop le choix, il n’y avait que deux portes au rez de chaussée.
J’attendis un temps, me demandant si vraiment il y avait quelqu’un avant de me rappeler que Ludan était malade et que sans doute il n’aurait pas assez de forces pour venir ouvrir. Puis, alors que j’allais me retourner la porte s’ouvrit, je relevai les yeux.
Je faillis sursauter, l’homme qui se tenait devant moi n’était absolument pas Ludan. Il était plus grand, plus musclé, son visage était plus masculin. Une expression suffisante et désagréable semblait le caractériser. Je n’aurais jamais su dire à quel point il était différent, il avait l’air moins doux. Ses lèvres et sa joue étaient percées et il portait des vêtements encore plus punks que Ludan, j’en pris presque peur. Il posât enfin les yeux sur moi avec un air lassé. Ils étaient de la même couleur gris sombre que mon ami, était-ce son frère ? Je me ravisai rapidement en me rappelant qu’ils ne se ressemblaient absolument pas. « C’est pour ? » Me demandât-il en sortant une cigarette d’un étui et y mettant feu. Je déglutis péniblement et m’apprêtai à m’excuser et à aller frapper à une nouvelle porte lorsque je compris. Cet homme, ce devait être le colocataire de Ludan. Il me l’avait décrit, brièvement au cours d’une soirée comme son cadet, d’un an. Alors il n’avait que vingt ans ? Il en paraissait au moins cinq de plus. Je fus presqu’intimidé.
- Je suis un ami de Ludan et- - Hm, ok, rentrez. Me coupât-il comme si mes explications n’avaient aucun intérêt. Il Fit demi tour dans son appartement et m’indiquât la marche pour quitter mes chaussures, ce que je fis mais aucune pantoufles pour les invités n’avaient été prévue. J’haussai les épaules avant de rentrer dans la première pièce. C’était un appartement à l’occidentale, une cuisine ouverte, un bar, un grand salon donnant sur le petit jardin et sur le coté, une chambre et une salle de bain. J’entendis l’eau couler. «Il est dans la douche, attends là ». Le fait qu’il me tutoie au lieu de me vouvoyer m’indiquât clairement le genre d’homme qu’il était. Un gamin, comme je ne les appréciais guère. Arrogant, n’ayant aucune idée des règles de la politesse et aucun respect des ainés. Je soufflai avant d’inspecter le reste de la pièce, curieux. Tout était blanc, décoré de façon féminine, avec des meubles anciens comme c’était la mode, elle n’avait rien à voir avec le style des deux occupants. Un Kotatsu occupait la moitié de la pièce au sol, pourtant il n’y avait pas de télévision en face, juste une guitare acoustique. Je remarquai alors instantanément sur la table du Kotatsu quelques paquets de toutes les couleurs. Je m’avançai et remarquai avec étonnement qu’il s’agissait de gâteaux, certains plus grands que d’autres, de mieux emballés, de plus imposants et de plus colorés. Je ne compris pas ce que c’était lorsque le colocataire s’approchât de moi et me dit sur un ton de moquerie.
- Les amis de Ludan… - Je vois.
Je ne voulu pas perdre la face mais j’avoue que ça m’intriguait. Alors, ses amis lui avaient offert tout ça pour son rétablissement ? Combien en avait-il ? Une pointe de jalousie naquit en moi. Je me sentais maintenant ridicule avec mon gâteau idiot, j’aurais voulu le cacher mais le jeune homme attrapât le paquet et voulu le mettre sur la table avec les autres. Je lui repris des mains comme un enfant qu’on aurait surpris à faire une bêtise. « Merci, je lui donnerais en main propre ». Il haussât les sourcils avant d’acquiescer d’un signe de tête.
- Ah, vous êtes ce genre d’ami.
Je compris son sous entendu au moment ou il le prononçât et comme insulté je me mis sur la défensive.
- Pas du tout ! Il ne vous a jamais parlé de moi ? - Non, jamais, il aurait dû ? Son sourire narquois, son ton désagréable, il prenait du plaisir à m’humilier. Je décidai de mettre fin à cette conversation avec lui. - Non, C’est normal qu’il ne l’ait pas fait.
Il sourit et retournât s’asseoir sur le canapé. Il sortit une énième cigarette. J’étais énervé, de quel droit un gamin comme lui me faisait la leçon ? Chaque geste ou attitude de sa part traduisait sa suffisance. Je me demandai comment Ludan pouvait être ami avec quelqu’un comme lui. Je ne comprenais pas que tout ça était bien plus fort qu’une simple amitié, c’était ce genre de relations maladives, qu’on aimerait oublier mais qui nous obsèdent. Je ne comprendrais jamais.
Je pensai réellement à partir, honteux, tout ça n’avait pas de sens. J’entendis alors le bruit de la douche s’arrêter. Je devais rester, sinon, tout ça n’aurait servit à rien et cet homme se ferait un malin plaisir de tout raconter à Ludan. Alors je fis fi de la honte et restai. Quelques minutes plus tard Ludan sortit de la salle de bain. Il était vêtu d’un peignoir et séchait ses cheveux à l’aide d’une serviette, sans relever la tête vers nous il voulu entamer une phrase à l’attention de son colocataire lorsqu’il me remarquât, à l’autre bout de la pièce. Je déglutis péniblement lorsque je vis son expression un peu gênée qui ne lui correspondait pas vraiment. Rapidement il se ressaisit et s’approchât de nous.
- Mine-san ! Quel plaisir de vous voir. - Je suis venu aux nouvelles, mais tout semble bien aller alors…
Je sentis que son colocataire fut heureux de m’entendre dire que je partais, Ludan le remarquât aussi alors, laissant tomber sa serviette sur ses épaules il attrapât mon poignet comme il l’avait fait ce soir là. « Ne partez pas tout de suite » Cet air, sur son visage, c’était le même qu’au Blue. Je fus perturbé. J’avais envie de rester, mais quelque chose dans cette situation me mettait mal à l’aise, je ne fis même plus attention au gâteau que j’avais à la main. En tournant rapidement mon visage vers son colocataire je vis que son expression avait changée du tout au tout. Maintenant il semblait amer, ses sourcils s’étaient froncés. Il était énervé et à l’inverse, moi je recommençai à sourire. Je ne peux pas croire que je me sois battu bêtement avec un gamin comme lui…
- D’accord. On peut parler tranquillement ? Lui dis-je. - Oui, allons dans la chambre.
J’acquiesçai et en passant devant son colocataire, je ne pus m’empêcher de le défier du regard. En y repensant maintenant, je trouve ça vraiment idiot. Je me bâtais sans but, juste pour ma fierté.
Nous entrâmes dans sa chambre et il refermât la porte juste après lui. Je me sentis oppressé. Il faisait chaud, les rideaux étaient fermés, je sentais qu’il était là mais je ne pus dire où. La situation était paniquante, mes mains se crispèrent sur la poignée de la boite à gâteau jusqu'à ce qu’il ouvre les rideaux et fasse entrer une lumière blanche aveuglante. La situation n’eut pas l’air de le gêner, il ne remarquât même pas mon embarras et s’assit sur le lit.
- Je suis désolé… J’ai fait se déplacer Mine-san. - Hm, non ce n’est pas grave.
Je me souvins du gâteau.
- Ah, oui, en passant dans la rue je suis allé acheter ça pour toi.
Il parût vraiment heureux et saisit le paquet comme un enfant avant de déplier l’origami blanc de carton et d’en observer le contenu. Il poussât une expression de satisfaction et frappât dans ses mains « Itadakimasu ! » Avant de saisir une fourchette laissée sur la table de chevet.
La chambre était de style occidental, un lit aux armatures de fer qui faisaient penser à celui d’une princesse de conte, dirigé en face d’une cheminée condamnée sur laquelle trainait d’innombrables bibelots et un peu de désordre. La honte me faisait fixer le sol en parquet blanc.
- Tu n’es pas obligé de le manger. J’ai vu que tu as reçu beaucoup de pâtisseries pour te souhaiter bon rétablissement.
Je m’assis en face de lui sur le lit. Il ne comprit pas et je dus répéter ma phrase.
- Ca va, je ne vais manger que celui-ci. Dit-il en souriant. - Pourquoi donc ?
Je pensais à tous ces amis qui avaient mis du temps et de l’argent dans leur présent qui se retrouvaient ainsi traités, qu’avaient-ils fait pour mériter ça ? Je me concentrai sur sa réponse. Il fit une mine gênée et boudeuse en même temps avant de fixer son gâteau pour ne pas avoir à me regarder dans les yeux.
« C’est évident non ? Je ne vais manger que celui-ci parce que les autres ne m’ont pas étés offerts par Mine-san …» Mon cœur ratât un battement. Qu’était-ce ? A nouveau une déclaration ? Juste des paroles en l’air ? Je ne pus le déterminer, mais sa façon de s’accrocher à moi me fit un effet étrange que je ne saurais décrire. Comme un pincement au cœur. Je commençai à penser « Si seulement c’était une femme… ». Je me risquai à poser la question que je redoutais tant.
- Ne me dis pas que… - Hm ? - Tu es vraiment amoureux de moi ?
Il eut l’air étonné de ma question, comme si ça allait de soi et fixât le drap.
- Je vous l’ai déjà dit ce soir où j’ai eu une attitude déplorable… - Je pensais que c’était des paroles en l’air…
Il parût alors vexé, boudeur, et haussât les épaules, fixant toujours le lit.
- Je n’étais pas saoul. Ce jour là, vous m’avez vraiment plu. Après en vous parlant, en allant chez vous, en vous écoutant, je suis tombé amoureux de vous.
Un court silence s’installât dans la chambre. Je voulu répondre quelque chose mais je devais me rendre à l’évidence, il n’y avait pas de réponses adéquates à ça. Aurais-je du le repousser violement pour lui faire comprendre ou au contraire être compréhensif avec lui ? Je n’eus pas vraiment le temps d’y penser, il reprit rapidement la parole en attrapant mon bras avec un air inquiet.
- Mais n’ayez pas peur, je sais, que vous n’êtes pas gay. Je ne réessayerai plus de vous faire quoi que ce soit, alors s’il vous plait, ne vous enfuyez pas.
J’hochai la tête sans vraiment faire attention. Sa façon de se faire du souci pour l’idée que je me faisais de lui était tellement touchante. Il agissait réellement comme une femme. Peut être était-il de ceux qu’on dit « nés dans le mauvais corps ».
Même s’il ne m’avait pas donné la garantie de ne plus rien tenter à mon égard je n’aurais pas pu m’éloigner de lui, il était devenu quelqu’un d’important dans ma vie, un des seuls à être restés malgré mes problèmes dus au divorce. Je ne pouvais décemment pas l’abandonner. En voyant ma réaction il en parût heureux et plongeât sa fourchette dans le gâteau avec un air ravi. Je souris également avant de décider de changer de conversation.
- Le type dehors, c’est ton colocataire ? - Anju ? Oui, depuis maintenant deux ans. - Il n’a pas l’air de me porter dans son cœur. - Oh, ne vous en faites pas. Il est comme ça avec tous mes amis. Mais quand on apprend à le connaitre il est vraiment formidable.
Ses paroles avaient réellement l’air empreintes d’affection pour lui, son sourire grandissait à chaque fois qu’il en parlait. Après tout, ce devait être de bons amis pour pouvoir vivre ensemble depuis deux ans. Une idée me traversât l’esprit et glaçât toute ma colonne vertébrale. Je n’avais pas le souvenir d’avoir vu de deuxième chambre dans cet appartement. Et s’ils étaient plus qu’amis ? La première fois que nous nous étions parlés avec Ludan, il m’avait dit que son ex fumait, Anju avait sortit de nombreuses cigarettes lors de ma visite et avait l’air jaloux de moi lorsque Ludan avait choisit de me faire rester. Étais-je au cœur d’un triangle amoureux ? Anju aime Ludan, Ludan m’aime et moi ? Moi j’aime Yae… Ca n’avait rien à voir !
- Tu…Tu sors avec lui ? Me risquai-je. Il eut instantanément l’air étonné. - Quoi ? Hahaha ! Non ! C’est juste mon meilleur ami. A vrai dire, il est bi mais je ne suis pas du tout son type. Et puis, c’est vrai qu’on dort ensemble mais c’est plus amical qu’autre chose.
Sa dernière phrase me fit frissonner. Je me demandai si, de temps en temps, Anju ne devenait pas son sex friend. J’avais vu un reportage là-dessus sur la chaine découverte. Ces jeunes étaient réellement dépravés. Mais cette fois ci je n’allai pas le demander à Ludan. J’étais déjà trop gêné de toutes ces questions que je lui posais.
- C’est de la jalousie ? Demandât-il en souriant mais ne décrochât pas les yeux de son gâteau, comme s’il connaissait déjà ma réponse. - Bien sur que non. Il a ton âge, tout ça c’est normal.
Il sourit et continuât de manger, le visage enfoncé dans son paquet. Mon regard s’attardât un peu sur lui, furtivement. Il était vraiment beau, on aurait pu le comparer à une poupée de porcelaine avec cette peau d’une pâleur douce, ces lèvres légèrement rosées et ces grands yeux gris assortis à son peignoir. Il dissimulait un cou fin et délicat. On pouvait voir à ses avant bras et ses mollets qu’il était incroyablement mince, comme tout le reste, on aurait eut peur de le briser en le touchant. Je devinai alors qu’il était presque nu, portant seulement un boxer noir et son peignoir. Je fus gêné et déglutis péniblement. Il n’était pas vraiment en train de me séduire, assis en tailleur sur le lit mais je le ressentis comme tel et me levai instinctivement.
- Mine-san ne se sent pas bien ? Me demandât-il en levant le nez. - Hm, non, j’ai juste un peu mal aux jambes. Comment va ta maladie ? Détournai-je la conversation. - Elle, elle va bien, moi un peu moins. Il sourit en penchant la tête à droite. - Tu aurais dû me prévenir avant que tu était mal en point. - Je ne voulais pas déranger Mine-san… - Ca ne me dérange jamais. Tu devrais le savoir, je n’ai aucune occupation de la journée. - Vraiment ? Alors… Pourrais-je abuser de Mine-san ?
Je sursautai en tendant mes bras vers moi comme pour me protéger avant de bégayer quelque chose d’inaudible qui se voulait ressemblant à un « quoi ». Il sourit comme s’il n’avait pas compris ce à quoi je pensais et continuât.
- Est-ce que je peux abuser de Mine-san et lui demander de rester l’après-midi ?
Je ris nerveusement, honteux des pensées que j’avais eut, finalement c’était moi qui avait des idées plus mal placées que lui. Pour me rattraper et rapidement détourner la conversation je posai ma main sur son front. Il était brulant et ses joues avaient virées au pourpre, ses yeux étaient vitreux, il était incontestablement malade. Je soupirai.
- C’est d’accord mais ne va pas travailler ce soir, d’accord ? Tu es trop malade.
- Mais…
- Il n’y a pas de mais. Si tu ne veux pas te reposer je ne vois pas mon utilité dans cette pièce.
J’avais été un peu dur, c’était à l’image de mon malaise. Le fait qu’il dépende tant de moi me plaisait de plus en plus. Chaque minute qui passait, je le maudissais d’être un homme. Il se ravisât et sourit en acquiesçant. « Bien, je vais te chercher des médicaments » Il rougit et je sortis de la pièce. Dans le salon Anju parlait au téléphone avec quelqu’un, debout, dans un coin. Je ne pus même pas le dévisager et quittai l’appartement. Je pris mon vélo et me ruât dans un drug store le plus proche pour acheter du paracétamol et des compresses froides pour le front. Je fis le plus vite possible et revins à l’appartement une trentaine de minutes plus tard. Lorsque je sonnai à la porte Anju m’ouvrit à nouveau.
- Ca devient une manie… Dit-il en passant à coté de moi et quittant l’appartement. - Tu pars ? - Ouais, Je vous laisse seul, tu pourrais me remercier. - Je t’ai déjà dis que ce n’était pas comme ça ! - Calme, je ne le fais pas pour tes beaux yeux, c’est Ludan qui m’a demandé de partir.
J’ouvris deux grands yeux étonnés sur le pas de la porte et bégayai.
- Q-quoi ? - T’as bien entendu. Ne faites pas trop de trucs dégeu, j’utilise le même lit que lui. Il fit un signe de la main et se retournât pour s’éloigner. « Ce n’est définitivement pas comme ça ! » Lui lançai-je mais il avait enfoncé un casque sur ses oreilles. Voilà, à présent j’avais peur de rentrer dans l’appartement. Sans que je puisse vraiment me poser de question j’entendis « Mine-san ? » Derrière moi. En me retournant j’aperçus Ludan, debout, se tenant à la porte. Je ne réfléchis plus vraiment à toutes ces questions et me laissai entrainer par l’instinct.
- Ludan, tu aurais dû rester couché. - Je sais…Je suis désolé.
Je l’attrapai par l’épaule et il se blottit contre moi, je le conduis jusqu’à sa chambre et le couchai dans le lit. Il avait l’air vraiment anéantis par la maladie. Il ne ferait pas de mal à une mouche. Je pus redevenir un peu plus prévenant et naturel. Alors je déplaçai délicatement les mèches de ses cheveux de son front et défis une compresse de froid pour l’y poser. Il m’observait avec ses yeux gris. Je lui tendis le cachet de paracétamol pour qu’il le prenne mais il ouvrit la bouche pour me signifier que je devais l’y déposer. Je cédai et le posai délicatement sur sa langue avant de remarquer qu’il y avait un piercing. Je fus intrigué, je ne pensais pas qu’il était le genre à en avoir un. Surtout que je ne voyais pas vraiment l’utilité d’un tel piercing. Il était invisible à l’œil nu. J’haussai les épaules avant de me retourner.
- Ca va aller comme ça ? - Oui, merci beaucoup Mine-san. - Je vais te laisser te reposer un petit peu, je serais dans la pièce d’à coté, fait le moi savoir quand tu te réveilleras.
Il hochât la tête avant de continuer à me fixer. Je le poussai doucement en riant « Dors maintenant ». Il sourit et clos enfin ses paupières. Je pris une profonde respiration et me levât pour quitter la pièce. Arrivé dans le salon je me jetai dans le canapé, éreinté.
Combien de temps cela faisait-il que quelqu’un n’avait pas eut autant besoin de ma présence. Je me sentais utile, enfin, apprécié, aimé. Ca me faisait un bien incommensurable, me donnait une raison de vivre. Maintenant je devais me trouver une femme qui aurait ce besoin de moi, je souris en pensant à ça. Si elle pouvait être ne serais-ce que moitié moins affectueuse que Ludan, ce serait merveilleux. Je me laissai retomber sur le dossier du canapé avant d’apercevoir un casque relié à une chaine hifi. Je le déposai sur mes oreilles avant d’appuyer sur le bouton play un peu au hasard. Il y avait plusieurs albums. Quelques uns de groupes de métal, d’autres de punk, je n’en vis qu’un d’un artiste que je ne connaissais pas et dont le nom n’évoquait pas un massacre sanglant un soir de pleine lune. « Yuki », « Neige » ce ne pouvait être que doux. Sur le Cd, une seule piste. Je l’enclenchai. Un air de guitare acoustique, puis la voix du chanteur, douce et amère, elle m’emporta. Je n’avais jamais vraiment été un fin mélomane mais cette chanson ravit mon cœur. Elle était d’une beauté incroyable, d’une souffrance lancinante qui réveillât en moi toute la tristesse de cette dernière année. Au coin de mes yeux perlèrent de douloureuses larmes, je déposai ma main devant mes yeux, pour les cacher avant de pousser un gémissement de désespoir. Ma vie n’était plus qu’un album de souvenir tachée de larmes. Je réécoutai cette chanson en boucle pendant des heures, sans m’en lasser, sans même voir le temps passer, elle agit comme une thérapie douce. Je décollai ma main de mon visage et regardai le titre de la chanson. « Final sentences – Yuki » Je notai les références sur un papier pour l’écouter à nouveau une fois chez moi, seul, au calme, pour pouvoir exorciser ces sentiments parasites.
Au bout de quelques heures, Ludan sortit à nouveau de la chambre, il avait clairement l’air mieux en point.
- Je suis sûr que je suis totalement rétabli ! - Laisse-moi douter.
Je m’approchai alors de lui pour enlever la compresse et poser ma main sur son front. Il était froid à présent, je descendis ma main sur ses joues, froides aussi et ses yeux avaient retrouvé une couleur normale. J’haussai les épaules. Il récupérait vite.
- D’accord, tu as le droit de sortir de ta chambre.
Il parût heureux et courut s’effondrer sur le canapé comme un enfant, bientôt je le suivis. « Qu’est-ce que Mine-san à fait en attendant ? J’espère que je ne vous ai pas créé trop de problèmes » Je lui répondis que non et inventât une fausse activité, honteux de l’effet qu’avait eut la chanson sur moi, un adulte de trente ans passés.
Nous parlâmes pendant quelques minutes lorsque je lui tendis les gâteaux de ses amis en lui disant de les manger, par respect pour le temps qu’ils avaient passé à les choisir. Il acquiesçât et en entamât un rose. Je me dis que c’était un peu trop comme cadeau à un ami mais ne pouvais pas juger les réactions des jeunes. Il me parlât de cocktails et je remarquai qu’un peu de glaçage lui restât sur le bord des lèvres. Sans vraiment faire attention et le prévenir, je passai mon pouce doucement sur sa peau pour l’ôter. Il eut l’air choqué et restât un moment avec le regard dans le vide, jusqu’à ce que je finisse et me rende compte que mon geste pouvait être ambigüe. J’avais l’habitude de faire ça avec Emi quand elle mangeait mais cet homme m’aimait, il devait forcément penser à autre chose. Je voulus m’excuser mais il tournât la tête vers moi doucement avec un regard triste.
- S’il vous plait… - Oui ? - Si vous ne m’aimez pas… Ne faites pas ça, je ne pourrais pas me retenir avec ce genre d’attitude Mine-san.
Je ne su que répondre, je retirai ma main vers moi et la posai sur mon genou. Il avait tout à fait raison, mon geste avait été instinctif certes mais déplacé. Je le regrettais à peine terminé. Je déglutis péniblement et pensai à ce qui devait se passer en lui. Si une femme que j’avais aimée m’avait fait ça, je serais sans doute devenu fou. Je laissai passer un peu de temps avant d’oser regarder d’un œil discret si je lui avais provoqué une érection mais ce n’était pas le cas, un peu soulagé je pus reprendre une attitude normale.
- Je suis désolé, je ne pensais pas à mal. C’est que je fais ça également à Emi-chan…
Il hochât la tête avec toujours cet air triste et entamât une nouvelle conversation mais je ne pouvais pas m’arrêter de penser à ce moment. Malgré moi j’imaginais ce qui avait dû se passer en lui et repassai la scène dans ma tête. Je me sentais coupable et un peu triste, je compris pour la première fois ce que devait être son ressentiment lorsqu’il était avec moi. Jusqu’à présent j’avais voulu le voir égoïstement et avais négligé ses sentiments. J’avais l’impression de jouer avec lui. Je serrai mes poings sur mes genoux et pris une dure décision. Après ce jour je ne le verrais plus, comme ça il Pourrat m’oublier et tomber amoureux d’un autre vieux qui voudra bien de lui. Je souris tristement et il fit de même, sans vraiment comprendre pourquoi. Alors il s’enfonçât dans le canapé et continuât à manger. Je voulus détourner la conversation.
- Comment as-tu attrapé cette maladie ? - Je ne sais pas, j’imagine que de travailler dans la chaleur du bar et de sortir pour fumer… - Nous arrivons en été, il fera sans doute meilleur et tu te porteras bien.
Cette dernière phrase ressemblait, pour moi à un adieu, à un « prends bien soin de toi » mais pour lui c’était une banalité. Je pris soin de mémoriser la sensation que j’avais en étant avec lui. Cet apaisement, ce sentiment d’être utile et apprécié. Je fermai les yeux pour bien me souvenir de tout, comme si je pouvais l’encrer en moi.
- Comme je vois que tu va bien je vais rentrer. J’ai encore du travail. - Hm, je vois.
Il me fit à nouveau ses yeux tristes mais je n’y fis pas attention, même si c’était dur je me disais que c’était pour son bien. J’avais l’impression d’abandonner un petit chien dans un carton sur le bord de la rue. Je déglutis péniblement avant de me lever. J’eus envie de passer ma main sur sa tête, dans ses cheveux, comme je le faisais avec Emi mais me retins, je ne voulais pas aggraver mon cas.
- Il va commencer à faire beau non ? Faisons un pique nique un de ces jours. - Je vais manquer de temps à partir de maintenant. Finis-je par dire. - Ah, vraiment… Vous…Avez rencontré quelqu’un ?
Je sautai sur l’occasion, un peu triste de devoir mentir.
- Oui, c’est ça. J’ai trente trois ans et envie de recommencer une vie, de cesser de me morfondre ainsi. Alors s’il te plait, supporte-le et donne cet amour à quelqu’un d’autre.
Je sentis les larmes s’amasser au seuil de ses yeux mais il fit bonne figure et sourit. « Est-ce que je peux continuer à vous envoyer des mails ? » Je serrai mes poings et me convainquis de faire preuve de fermeté. Il le fallait, même si c’était dur pour lui et pour moi. « Je ne pense pas que ce soit une bonne idée » finis-je par dire difficilement, les mots s’amassant dans ma gorge. Il ne répondit rien et fixât ses pieds. Je restai un petit moment debout sans vraiment attendre quelque chose, juste un peu sonné avant de me retourner et de quitter l’appartement.
Je n’étais pas fier, une fois sur mon vélo, je passai tout le trajet à me ressasser cet événement. J’avais menti, j’avais dû prétendre avoir rencontré quelqu’un. Le soir dans mon appartement je sentis un vide immense. Comme si je venais d’ôter une partie de moi. Plongé dans la pénombre je ne pus m’extirper de cette dépression. Je sortis alors mon ordinateur portable et cherchai sur un site d’achat de CD cette fameuse chanson. Final Sentences d’un certain Yuki. Etrangement, aucun des services de recherche ne le trouvât. Je fus étonné. Peut être était-il un chanteur underground peu connu, alors je cherchai sur les sites spécialisés mais rien n’y fit. Je me laissai retomber sur mon lit, déçu. Alors je n’écouterais plus jamais cette voix ? Plus jamais ces notes de musique ?
* Nouilles soba grillées. Même que c’est trop bon *o* Je crois que je ne le dirais jamais assez, mangez des Yakisoba !!! |
En espérant que ça vous plaise encore m(_ _(m |
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lala-chan
 | Sujet: Re: La poupée de porcelaine.[En cours] 25.03.11 20:32 | |
| J'ai encore beaucoup aimé =)
Youhou~ vive moi et mes commentaires SUPER constructifs et intéressants u_u.
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Yusuki
 | Sujet: Re: La poupée de porcelaine.[En cours] 25.03.11 21:28 | |
| Même si ils sont pas constructifs, j'aime les commentaires de Lala-chan (`ε´)
Ca fait toujours plaisir du soutien ! |
|  | | | | La poupée de porcelaine.[En cours] | |
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